Le Corbusier à Poissy : hommage à un architecte visionnaire

Alors que la Ville de Poissy a décidé de consacrer l’année 2019 à la mise en valeur de son architecture, Karl Olive maire de la commune et vice-président départemental a inauguré jeudi 24 janvier, la nouvelle statue du Corbusier. La cérémonie s’est tenue place des Capucins en présence de son sculpteur, Andrey Tyrtyshnikov Variétés des formes […]

Cet article fait partie du dossier: Les Yvelines au fil des arts

Alors que la Ville de Poissy a décidé de consacrer l’année 2019 à la mise en valeur de son architecture, Karl Olive maire de la commune et vice-président départemental a inauguré jeudi 24 janvier, la nouvelle statue du Corbusier. La cérémonie s’est tenue place des Capucins en présence de son sculpteur, Andrey Tyrtyshnikov

Variétés des formes architecturales, diversité des usages du bâti qu’il soit résidentiel, utilitaire ou industriel ; l’intervention d’ingénieurs inventifs et d’architectes de talent, ont façonné Poissy depuis de très nombreuses années.

Karl Olive pendant l’inauguration de la statue du Corbusier © Karl Olive – Twitter

S’il y a bien un architecte qui marqua la commune pisciacaise et à qui il est fait hommage ce jeudi 24 janvier 2019, c’est Charles-Edouard Jenneret-Gris, dit Le Corbusier.
C’est donc tout naturellement, que le maire de Poissy, Karl Olive, et l’ambassadeur Alexey Meshkov, inaugurent cette statue du Corbusier, œuvre du sculpteur russe Andrey Tyrtyshnikov.

« L’inauguration de la statue de Le Corbusier à Poissy fait écho à la statue jumelle de l’architecte installée à Moscou et réalisée par le même artiste. Merci au sculpteur Andrey Tyrtyshnikov pour la réalisation de cette statue, nouvelle preuve de la vitalité du patrimoine pisciacais », a déclaré Karl Olive.

Le maire de Poissy a également expliqué que « la statue du Corbusier s’inscrit au cœur du parcours touristique cheminant à travers le centre historique de Poissy, jusqu’à la Villa Savoye, apogée de cet itinéraire. Elle nous rappelle que le patrimoine est un concept vivant qui doit régulièrement s’enrichir ».

Vers le modernisme

Le Corbusier en 1964 © Wikipedia

Né en 1887 dans le canton de Neuchâtel, en Suisse et mort à Roquebrune-Cap-Martin en 1965, Le Corbusier fut naturalisé français en 1930. Architecte, urbaniste, designer, décorateur et peintre, c’est l’un des principaux représentants du modernisme avec Walter Gropius, Ludwig Mies Van der Rohe et Alvar Aalto.
Installé à Paris en 1917, il imagine, dès les années 1920, le concept de « l’Unité d’habitation« , comme solution au problème de logement de l’Après-guerre. Celle-ci intègre dans un même bâtiment tous les équipements nécessaires à la vie : garderie, laverie, piscine, école, commerces, bibliothèque… Ce concept ne sera appliqué que cinq fois, de façons très différentes à Marseille (La Cité Radieuse), Briey-en-Forêt, Resé, Firminy et Berlin.

Du nouveau avec de l’ancien ?

Tout en pratiquant son métier d’architecte, Le Corbusier mène un certain nombre de réflexions en matière d’urbanisme. Réflexions qui suscitent de violentes polémiques comme le plan Voisin qui propose de ré-urbaniser Paris en détruisant les immeubles anciens pour les remplacer par des gratte-ciels.

Bâtiment de l’Assemblée de Chandigarh © Wikipedia

Dans les années 1950, les autorités indiennes font appel à lui pour concevoir et édifier la ville de Chandigarh, nouvelle capitale du Penjab. Il y applique ses principes urbains et architecturaux. Il réalise également à cette période quelques édifices religieux comme la chapelle Notre-Dame-du-Haut à Ronchamp, en Franche-Comté : construite, entre 1950 et 1955, sur l’emplacement d’une église détruite par les bombardements de septembre 1944.

La villa Savoye à Poissy

Les années 1920-1930 voient la réalisation d’une série de villas-manifestes, construites ou en projet, qui formalisent les éléments de son langage architectural.
La villa « Les Heures Claires », maison de week-end construite pour la famille Savoye de 1928 à 1931 à Poissy, constitue sans doute l’une des expressions les plus abouties.

Édifiée sur pilotis, en béton armé, utilisant résolument les lignes horizontales et laissant pénétrer la lumière par de larges baies, elle aura une influence considérable sur l’évolution de l’architecture. Classée monument historique le 16 décembre 1962, du vivant de son auteur, la villa Savoye appartient aujourd’hui à l’Etat (Centre des Monuments Nationaux).

Depuis le 17 juillet 2016, la Villa Savoye et la loge du jardinier font partie des 17 sites illustrant l’œuvre de Le Corbusier qui ont rejoint le patrimoine mondial de l’Unesco. Ces 17 sites répartis dans 7 pays ont été sélectionnés pour témoigner de « l’invention d’un nouveau langage architectural en rupture avec le passé ».