Robert Doisneau : un humaniste à Raizeux

Chloë Bringuier

Ses photographies ont fait le tour du monde, si l’on ne connait pas son nom, on reconnait forcément quelques-unes de ses œuvres. Retour sur la vie de Robert Doisneau, immense photographe dont les racines familiales se trouvent à Raizeux, dans les Yvelines. Robert Doisneau est, sans conteste, l’un des photographes français les plus populaires de […]

Cet article fait partie du dossier: Les Yvelines au fil des arts

Ses photographies ont fait le tour du monde, si l’on ne connait pas son nom, on reconnait forcément quelques-unes de ses œuvres. Retour sur la vie de Robert Doisneau, immense photographe dont les racines familiales se trouvent à Raizeux, dans les Yvelines.

Robert Doisneau par Bracha L. Ettinger à Montrouge, 1992 © Wikimédia

Robert Doisneau est, sans conteste, l’un des photographes français les plus populaires de l’après-guerre et l’un des principaux représentants de la photographie humaniste avec Willy Ronis et Édouard Boubat.

Il naît à Gentilly, en banlieue parisienne, le 14 avril 1912. Après des études d’art graphique à l’École Estienne, il obtient son diplôme de graveur et de lithographe pharmaceutiques. Formé à la photographie par André Vigneau, il devient rapidement photographe indépendant pour l’agence Rapho. Il vend ses photos à des magazines comme Le Point, Vogue, La Vie Ouvrière, Paris-Match, Point de Vue ou Life et reçoit le prix Kodak en 1949 et le prix Niepce en 1956.

En 1960, Robert Doisneau monte une exposition au musée d’art contemporain de Chicago et présente une rétrospective au musée d’art moderne d’Oxford en 1992.

Robert Doisneau : un humaniste à Raizeux © Wikimédia

Robert Doisneau : un humaniste à Raizeux © Wikimédia

Des photos qui font le tour du monde

Les photos de Robert Doisneau ont fait le tour du monde, ses clichés en noir et blanc des rues du Paris de l’après-guerre, ses faubourgs et ses habitants. Clochards, artisans, gamins des rues, amoureux, il photographie durant un demi siècle le peuple de Paris. Quand il meurt à Montrouge le 1er avril 1994, il laisse derrière lui 450 000 négatifs dont la tendresse et la bienveillance ne doivent pas masquer la profondeur de la réflexion et le réel esprit d’indépendance.

Robert Doisneau est enterré avec son épouse au cimetière de Raizeux, près de Rambouillet. Sa famille (vignerons, laboureurs et grand-père carrier) était originaire de ce petit village et a longtemps occupé le Hameau de Cady. C’est là que Doisneau venait passer ses étés lorsqu’il était enfant et adolescent. C’est même à Raizeux qu’il rencontra celle qu’il épousera en 1934, Pierrette Chaumaison qui venait alors elle aussi en vacances chez une amie au hameau des Roches, non loin.

Raizeux représentait ses racines, sa famille et, au-delà, le patrimoine rural de la France, cette France des villages et des campagnes où le temps semble s’être arrêté, comme sur une photo. Il y revint fréquemment jusqu’à ses 80 ans.

Le photographe est enterré, avec Pierrette, dans le cimetière du village yvelinois.

Doisneau et la musique

Robert Doisneau fait encore partie intégrante de la vie culturelle française bien des années après sa disparition. En attestent, les nombreuses expositions qui lui sont consacrées chaque année. En 2019, la Philharmonie de Paris a mis le travail du photographe humaniste à l’honneur. Sur une bande originale signée Moriarty, les visiteurs ont pu découvrir près d’un demi siècle de photos de Paris et ses banlieues. Doisneau est allé partout et a exploré la vie quotidienne de la France de son époque. S’il répondait avec plaisir aux commandes pour photographier les vedettes comme Charles Aznavour, Georges Brassens (qui ont vécu aussi dans les Yvelines) ou encore Juliette Gréco, Robert Doisneau n’a jamais perdu son âme d’humaniste, touché par des enfants qui jouent dans la rue.

Sur les pas de Doisneau

Les parcs naturels d’Ile-de-France vous proposent une randonnée « sur les pas de Doisneau ». De Raizeux à Hermeray, cette balade vous invite à aller butiner nombre de petits détails de la vie rurale, notamment un jardin « extraordinaire », pour composer au final un tableau champêtre de maître, ou une photo à la Doisneau, hôte illustre de Raizeux. Suivez le guide !