René Lalique, l’orfèvre du verre à Clairefontaine

René Lalique, né le 6 avril 1860 en Seine-et-Marne, a été rendu célèbre par ses étonnantes créations de bijoux, de flacons, de vases, de chandeliers et à la fin de sa vie, des cabochons de voitures. Il demeure l’un des plus grands bijoutiers et maîtres-verriers français. À seize ans, il entre en apprentissage chez le […]

Cet article fait partie du dossier: Les Yvelines au fil des arts

René Lalique, né le 6 avril 1860 en Seine-et-Marne, a été rendu célèbre par ses étonnantes créations de bijoux, de flacons, de vases, de chandeliers et à la fin de sa vie, des cabochons de voitures. Il demeure l’un des plus grands bijoutiers et maîtres-verriers français.

« Pectoral de la Libellule » © Wikipédia

À seize ans, il entre en apprentissage chez le joailler Louis Aucoc, puis part à Londres suivre les cours du Sydenham Art College. Il se passionne pour l’art japonais qu’il découvre lors des expositions universelles.
En 1882, il devient dessinateur-concepteur de bijoux indépendant, travaille pour les joaillers du Palais-Royal, parmi lesquels Cartier et Boucheron, et en 1885, lance sa propre joaillerie.
Il se fait rapidement remarquer pour la qualité et l’originalité de ses créations, notamment par le grand verrier Emile Gallé, lors de l’exposition de ses oeuvres au Salon des artistes français, en 1897 et 1898.

René Lalique est considéré comme l’un des grands créateurs de l’Art nouveau. S’inspirant de la faune et la flore, il crée tout un bestiaire fantastique et innove en utilisant des matériaux alors inexploités comme le verre, la corne, l’émail, la nacre et les pierres semi-précieuses plutôt que les pierres précieuses. Certaines de ses oeuvres sont réalisées pour la boutique de Samuel Bing à Paris, Maison de l’Art nouveau et de nombreuses femmes de la haute bourgeoisie et du spectacle se mettent à porter ses bijoux. Sarah Bernhardt porte ainsi l’un de ses chefs-d’oeuvre, le célèbre « Pectoral de la Libellule » (1897-1898).

Ambre antique © Wikipédia

En 1890, et toujours dans le but d’inventer de nouveaux bijoux, il crée un premier atelier de verrerie. Cinq ans plus tard, ses premiers flacons aux formes raffinées et luxueuses, vendus dans des coffrets tout aussi raffinés, élargissent sa notoriété. Il commence alors à produire de beaux objets en séries importantes, de manière à les rendre plus accessibles.
En 1898, il ouvre un nouvel atelier à Clairefontaine, près de Rambouillet, où il cherche notamment à maîtriser le verre soufflé. Lalique triomphe à l’Exposition Universelle de 1900, entre dans les collections du musée des Arts décoratifs et ouvre un magasin place Vendôme, en 1905.
En 1910, il crée, pour le parfumeur François Coty, le flacon « Ambre antique ».

René Lalique © Wikipedia

Après la Première guerre mondiale, les objets du style Art nouveau n’étant plus dans l’air du temps, René Lalique se reconvertit dans la décoration, créant de nombreux objets usuels et de série dans le style Art déco. Il dessine même le bouchon de radiateur de la Citroën 5CV (1925), décore les wagons-restaurants de l’Orient Express ou encore la salle-à-manger des premières classes du paquebot Normandie (1936).

Il meurt le 1er mai 1945 et est enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris.