Yuka : l’appli « made in Yvelines »

SandrineGAYET

A 32 ans, Julie Chapon, originaire de Verneuil-sur-Seine est la co-fondatrice de Yuka, la plus belle start-up française de ces dernières années. 12 millions de consommateurs utilisent cette appli qui révolutionne notre manière d’acheter pour « mieux manger ». Rencontre.

« Même si je vis à Paris, je reste profondément Yvelinoise. Ma famille, mes amis d’enfance, sont toujours à Verneuil-sur-Seine où je vais me ressourcer le plus souvent possible».
Photo/By Portraitmadame

Elle voulait être institutrice. « Pour corriger des tas de copies, c’était mon rêve», dit-elle tout sourire. Dès qu’elle sortait de l’école Jean-Jaurès de Verneuil-sur-Seine, elle se rendait chez sa grand-mère, qui habite juste en face, et jouait à la maîtresse d’école : « Je lui faisais faire des devoirs, je corrigeais ses copies et j’avais même créé un carnet de notes », se souvient la jeune femme.

Un rêve qui l’a poursuivie jusqu’à l’adolescence. Excellente élève, les années lycée passées à Notre-Dame des Oiseaux à Verneuil, lui ouvrent d’autres perspectives.

« Je me suis intéressée au commerce équitable, à l’environnement, au bien-être et j’avais envie de faire un métier qui aurait un impact positif sur la vie des gens »

Elle fabrique son shampoing et sa lessive

© Yuka

Julie garde la tête froide face au succès phénoménal de Yuka. Et cette trentenaire, vraiment très sympa, mène une vie simple entourée de ses amis, de sa famille et de Benoît et François, ses associés. Elle n’achète que des vêtements d’occasion, fabrique son shampoing avec de la farine de pois chiche (ses cheveux longs sont très beaux, ça marche donc), son dentifrice et sa lessive. Elle consomme des fruits et légumes de saison, achetés en vrac, qu’elle mitonne chez elle. Et boit du thé vert en vous déroulant son parcours, sans en mesurer tout à fait le côté exceptionnel.

« Oser franchir le pas »

L’ascension fut rapide. Vainqueur d’un Food Hackathon, le trio est passé par le programme Ticket for Change destiné aux entrepreneurs du changement. « C’est là que le déclic s’est produit. Nous avons démissionné de nos postes pour créer Yuka ». Julie a quitté un très lucratif job dans le consulting mais ne regrette aucune seconde de cette aventure. L’application a été lancée en janvier 2017, élargie aux cosmétiques en 2018 et maintenant, l’international se l’arrache.

Etre « Yuka compatibles »

A cause de Julie, des consommateurs ont changé de marque de céréales ou culpabilisent un max en piochant dans le pot de Nutella… bref, l’appli « logotée » d’une carotte nous pousse à mieux manger, à sélectionner des produits moins riches, meilleurs pour la santé.

Chez les majors de l’agro-alimentaire et de l’industrie cosmétique, le phénomène Yuka a tout chamboulé et la panique a secoué le Landerneau. Désormais, ils améliorent la teneur de leurs produits pour qu’ils soient « Yuka compatibles », certains l’affichant déjà sur les étiquettes. L’été 2019, un produit solaire très bien noté par Yuka s’est retrouvé rapidement en rupture de stock !

Julie Chapon a réalisé une partie de ses rêves. Avec Yuka, beaucoup de familles ont changé en mieux leur façon d’acheter. Yuka est une bonne parade contre la malbouffe.


Une vaste étude confirme l’impact de Yuka auprès des industriels et des consommateurs

Yuka a réalisé pour la 1ère fois une grande étude réalisée par KIMSO, afin de mesurer son impact sur les consommateurs et les industriels ! 230 000 utilisateurs et 21 groupes industriels ont apporté leur témoignage : c’est désormais une certitude, l’application Yuka contribue à faire changer les choses à grande échelle :

© Yuka

• 92% des utilisateurs reposent les produits mal notés
• 83% des utilisateurs achètent moins mais de meilleure qualité
• 84% des utilisateurs sont convaincus que Yuka peut avoir plus d’impact que les pouvoirs publics pour faire changer les choses
Des industriels emblématiques comme Nestlé, Leclerc, Fleury Michon ou encore Monoprix ont également accepté de témoigner dans cette mesure d’impact.

Thierry Cotillard, Président d’Intermarché :

« Yuka est une tendance de fond, il est donc essentiel pour nous
Intermarché, qui sommes producteurs et commerçants, d’être proactifs
pour avoir les produits les mieux notés possibles. C’est pourquoi
nous allons reformuler 900 de nos recettes en supprimant 142 additifs. »

Sophie Creusot Jayet, Unilever France
Directrice de la Communication et des Relations Extérieures

« Nous avons formulé de nouveaux produits pour répondre aux
besoins et attentes des consommateurs qui sont très alignés aux
critères d’évaluation de Yuka. »

Yuka en chiffres

  • 12 millions d’utilisateurs
  • 3,5 millions de produits scannés chaque jour
  • 35 consultations par seconde
  • Présence dans 6 pays européens

Son actualité

  • Yuka va se développer aux Etats-Unis et au Canada, fin 2019
  • La start-up a lancé un calendrier des fruits et légumes de saison et une version Premium, payante

Bio express

  • 15 août 1987 : naissance à Meulan
  • 2005 : Bac ES mention Très Bien au Lycée Notre-Dame à Verneuil-sur-Seine
  • 2010 : EDHEC et Université del Pacifico (Pérou)
  • 2011: Master Management et marketing à l’EDHEC Business School
  • Janvier 2016 : Co-fondatrice de YUKA avec ses amis, les frères Benoît et François Martin