Voiture à hydrogène : l’Yvelinois Olivier Lombard veut conquérir le monde

SandrineGAYET

Il est né et a grandi à Poissy. À moins de 30 ans, Olivier Lombard, plus jeune champion des 24H du Mans rêve de fabriquer des voitures haut de gamme écolo sous la marque Hopium. 

Olivier Lombard a fondé en France la société Hydrogen Motive Company (HMC) et la marque Hopium.
Celui que les spécialistes comparent à Elon Musk (le créateur entre autre de la Tesla) a l’ambition de lancer une berline haut-de-gamme à hydrogène baptisée « Hopium Machina ».

Olivier Lombard. Photo/HMC

Paris-Barcelone d’une traite

Hyper connectée, cette voiture devrait avoir une autonomie de 1 000 kilomètres (l’équivalent d’un Paris-Barcelone), une puissance de 500 chevaux et un temps de recharge de 3 minutes.
Un premier prototype est attendu pour juin 2021 avant une production en série et une commercialisation entre 110 et 140 000 euros l’unité vers 2026… Une niche donc vu le prix. Mais qui attise déjà les marchés d’Asie.

« Nous sommes déjà entrés dans une phase de conception, indique le pilote automobile. Cela signifie que tous ces paramètres, sur l’autonomie et le temps de recharge, ont été étudiés et validés ».

Le Pisciacais connaît son sujet. Il a participé au développement de la technologie de la pile à combustible haute puissance aux côtés de l’entreprise GreenGT, laboratoire suisse spécialisé dans la pile à combustible. Et qui fera concourir la première voiture de course à hydrogène lors des 24H du Mans 2024.
Le design de l’Hopium Machina porte la griffe de Félix Godard qui a notamment travaillé comme designer chez Porsche et Tesla.

Hopium-Machina, la berline à hydrogene de 500 chevaux. Photo/HMC

Le défi de l’hydrogène vert

Avec sa compagnie HMC et sa division automobile Hopium, Olivier Lombard souhaite localiser en France la production de sa berline haut-de-gamme.

Il doit désormais relever le défi de l’hydrogène vert pour garantir un bilan carbone neutre sur ses véhicules, « bien que ces derniers ne rejetteront que de la vapeur d’eau ».
Pour l’heure, en effet, la production d’hydrogène requiert l’utilisation massive de combustibles fossiles, principalement du gaz naturel, ce qui engendre le rejet de gaz à effet de serre (CO2) dans l’atmosphère.

« Cette production polluante devrait laisser place dans les prochaines années à une production plus verte, rendue possible par l’électrolyse de l’eau. A condition, explique Olivier Lombard que l’électricité utilisée dans ce cadre soit issue de sources renouvelables, comme l’énergie solaire. »

Plus propre, l’hydrogène vert coûte aussi plus cher que l’hydrogène produit à partir d’énergies fossiles. « Mais il s’agit là d’une condition sine qua non pour disposer d’une énergie décarbonée et donc respectueuse de l’environnement. »

L’Union européenne a fait de l’hydrogène propre l’une de ses priorités dans la course vers la neutralité climatique en 2050. Olivier Lombard entend bien y jouer sa partition :

« Vous allez entendre parler de nous !», promet le jeune homme.