Avec Glowee, l’océan nous éclaire

SandrineGAYET

Rambouillet sera la première commune de France à tester l’éclairage urbain à base de micro-organismes marins. Grâce à Glowee, start-up d’Evry (Essonne) spécialisée dans la bioluminescence.

Eclairage bioluminescent. Une invention brevetée de la start-up Glowee. Crédit photo : Glowee

Il y a de la poésie dans ce projet. De la féerie même. Imaginez les éclairages urbains émis par des êtres marins vivants. Sur terre comme dans les océans, des organismes brillent, créant une phosphorescence un peu boréale. Vers luisants, lucioles, méduses, planctons, poissons des abysses… autant de sources de lumière que les chercheurs connaissent. Et auprès d’eux, des designers pensent à leur utilisation dans l’éclairage du futur. C’est le cas de Sandra Rey, 26 ans. Elle voulait faire du dessin, bosser dans les arts. Elle sera designer dans la biotech !

Entourée d’ingénieurs en recherche et développement et de créateurs, elle crée Glowee qui va distiller de la poésie dans les espaces publics, les vitrines, les spas et les hôtels. Son idée est tellement belle et surtout, à portée de vagues marines, que le prestigieux MIT Technology Review l’a récompensée comme l’une des start-ups les plus innovantes.

Sandra Rey, fondatrice de la start-up basée dans l’Essonne dont la première application grandeur nature se déroulera dans les Yvelines, à Rambouillet. Photo : Glowee

La vague du succès

Sandra Rey n’est pas une scientifique. Elle a fait une école de design avec une spécialité dans les systèmes interactifs et innovants. Souriante et pleine d’énergie communicative, la jeune femme était encore étudiante quand elle a eu cette « idée lumineuse » de créer de la lumière sans électricité. Simplement en regardant un reportage sur les poissons des abysses.

S’ils en sont capables pourquoi pas nous ? Pourquoi cela ne serait-il pas une solution à nos problématiques énergétiques ?

Tout est donc parti de là, devant un poste de télé et un reportage sur la vie dans les grands fonds océaniques. Glowee a vu le jour (en anglais, glow est une lueur), en 2014. Et a reçu de nombreux prix, puis Sandra fut nommée ambassadrice de la FrenchTech à la COP21 en 2016.
Dès le début, son concept a suscité beaucoup de curiosité et d’enthousiasme. « Nous avons reçu de nombreuses récompenses et avons levé des fonds par crowdfunding notamment. Tout le monde nous attendait sur du concret. Nous avons donc dû passer rapidement du projet étudiant à la création d’éclairages bioluminescents ».
L’Inserm l’accueille pour tester la viabilité du concept. Il s’agit tout simplement de restituer la lumière produite par les bactéries extraites des mers pour en faire des sources lumineuses naturelles et durables.

Rambouillet sous les feux de la rampe

La belle cité yvelinoise a décidé d’être le laboratoire grandeur nature de Glowee qui va y tester puis faire évoluer son invention brevetée. La Ville investit 100 000 euros sur deux ans pour accompagner la start-up. La commune yvelinoise sera donc la première en France à expérimenter l’éclairage biologique dans son espace urbain, sur la place Thome, juste en face de la salle de la Lanterne, un joli clin d’œil !
Le challenge pour Glowee est de taille : aucune entreprise au monde n’a encore atteint ce niveau d’expérimentation. Rambouillet va donc être sous les feux de la rampe ces prochains mois. Comme le confie Sandra Rey, sa naïveté est devenue sa force :

« J’étais un peu naïve en pensant pouvoir changer le monde. Le fait de me lancer dans un secteur d’activité, la biotechnologie, que je ne connaissais pas du tout m’a beaucoup aidée. Car si j’avais été consciente dès le départ de tout ce que ça implique, je n’aurais peut-être pas eu le courage de le faire ! ».