Le SDIS 78 s’équipe de caméras piétons

NicolasThéodet

Neuf centres de secours et d’incendie départementaux des Yvelines (SDIS 78) sont dorénavant équipés de caméras piétons. Un dispositif qui vise à protéger les effectifs se rendant sur les interventions. Dissuasive, la caméra sera portée par un pompier et allumée volontairement en cas de besoin. 

La caméra devra être tout le temps visible. © SDIS 78

Ils sont neuf centres de secours départementaux des Yvelines (SDIS 78) à être munis du dispositif expérimental de caméras piétons. Cette innovation permettra à un membre d’un équipage d’être équipé d’un appareil d’enregistrement. Celui-ci pourra déclencher la vidéo sur sa propre initiative ou sur la demande du chef de brigade. 

Le SDIS 78 équipe neuf centres de secours du département

Ces nouveaux outils ont été mis en service par le décret n° 2019-743.  Il est relatif aux conditions de l’expérimentation de l’usage de caméras individuelles par les sapeurs-pompiers. Une volonté initiée par le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, qui souhaitait lutter contre les violences subies. Selon le SDIS 78 ces caméras auront un réel impact lors d’interventions durant lesquelles les sapeurs-pompiers sont victimes d’agressions, allant de coups violents à des crachats à leur encontre :

« Ces outils sont complémentaires des actions de lutte et de prévention contre les agressions des sapeurs-pompiers. Ils vont permettre de prévenir les passages à l’acte par la dissuasion, la collecte de preuves pour identifier et poursuivre les auteurs et améliorer la formation des agents par les captations anonymisées utilisables ». 

Les interventions du SDIS seront ainsi plus sécurisées grâce à la dissuasion de la vidéo. © CD78/N.THEODET

Dans ce processus d’expérimentation, le SDIS 78 a fait l’obtention de 26 caméras individuelles. Elles seront déployées dans neuf centres d’incendie et de secours. La première caserne à en avoir eu bénéfice est celle de Versailles. Elle a reçu trois exemplaires de la marque Taser et équipera en priorité les ambulances de la caserne. Les huit autres casernes sont celles de Chanteloup-les-Vignes, Houilles, Limay, Les Mureaux, Magnanville, Montigny-le-Bretonneux, Poissy et Saint-Germain-en-Lay

Un règlementation stricte pour son utilisation

L’utilisation de ces caméras reste malgré tout extrêmement contrôlée. Ces dernières sont allumées au départ de l’intervention mais immédiatement mises en veille. Ce n’est que lorsqu’un membre de l’équipe se sent en danger, ou est empêché d’intervenir, que la caméra peut être enclenchée. Le pompier doit impérativement prévenir la personne. La caméra joue, dans ces cas-là, un rôle dissuasif et doit impérativement rester visible.

Les images tournées sont conservées pendant six mois et pourront, si une procédure judiciaire est ouverte, être stockées pendant trois ans. Le décret autorise à titre expérimental, jusqu’au 5 février 2022, les sapeurs-pompiers professionnels ou volontaires à porter cet équipement, avant peut-être, une généralisation de la pratique à l’ensemble du territoire national. En 2017 en France, 2 813 pompiers ont été déclarés avoir été victimes d’une agression au cours d’une intervention. Une augmentation de 23% en comparaison de l’année précédente selon une note de l’ONDRP (Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales). De plus, ces agressions ont donné lieu à 955 journées d’arrêt de travail.