Détecteur avertisseur autonome de fumée : « cette loi, c’est le combat de ma vie »

Nicolas Théodet

Le détecteur avertisseur autonome de fumée est aujourd’hui rentré dans toutes nos maisons. Une chose rendue possible grâce au combat qu’a mené une Yvelinoise. Après avoir perdu son enfant dans un incendie, elle dédie sa vie pour éviter que d’autres personnes vivent ce qu’elle a vécu.  Dans les pays où il est généralisé, le détecteur […]

Cet article fait partie du dossier: Le SDIS 78 veille à la sécurité de tous dans les Yvelines

Le détecteur avertisseur autonome de fumée est aujourd’hui rentré dans toutes nos maisons. Une chose rendue possible grâce au combat qu’a mené une Yvelinoise. Après avoir perdu son enfant dans un incendie, elle dédie sa vie pour éviter que d’autres personnes vivent ce qu’elle a vécu. 

Dans les pays où il est généralisé, le détecteur avertisseur autonome de fumée (DAAF) sauve de nombreuses vies. En moyenne, les chances de survie à un incendie sont évaluées à 80% en comparaison d’une maison non-équipée. Un constat marquant qui a poussé, il y a plus de 10 ans, une yvelinoise à se battre pour les rendre obligatoires suite à un drame familial. Josiane Bosycot a perdu sa fille Julia lors d’un incendie à Chavenay en 2002. Elle s’engage alors dans un long combat.

« Je me suis dit qu’il existait des outils, comme le détecteur avertisseur autonome de fumée. Il fallait faire une loi », confie Josiane Bosycot.

Dans un premier temps, elle se rend chez les sapeurs-pompiers des Yvelines (SDIS 78). Touchés par son histoire et conscient de la nécessité de ce petit appareil, ils prennent la décision d’inscrire sur certains de leurs véhicules incendie l’importance d’installer des DAAF. Mais rapidement, ils l’orientent vers les députés des Yvelines, plus aptes à faire passer un texte de loi.

Dix ans pour faire passer la loi

Le SDIS 78 fait passer le message sur ses camions en intervention. © CD78/ N.Duprey

La mère de famille rencontre alors Pierre Morange, maire de Chambourcy, et député jusqu’en 2017. « Dès que je lui ai raconté mon histoire. Il m’a dit : je vais vous aider », se rappelle Josiane. Commence alors un véritable combat pour faire passer cette loi. Près de 10 ans sont nécessaires. Pourtant aujourd’hui, l’installation d’un tel outil dans une habitation semble simplement logique.

Malgré les difficultés, Josiane Bosycot est fière de ce qu’elle a accompli. « Pour moi, ça a été formidable, j’ai repoussé mes limites. Je ne pensais pas pouvoir réaliser un tel projet. Ça a été le combat de ma vie », explique-t-elle. Aujourd’hui, la loi Morange votée le 8 mars 2015, a changé les habitudes. Perçu comme un outil, le détecteur avertisseur autonome est devenu incontournable.

En cas d’incendie, certains gestes sont primordiaux pour rester en vie. © CD78/ N.Duprey

Le détecteur avertisseur autonome de fumée est devenu une évidence

Selon une étude Opinion Way dévoilée en 2020, 93% des Français considèrent que les DAAF sont obligatoires dans une habitation. Ils sont même 89% à affirmer qu’ils ont installé l’outil dans leur logement. Et un français sur deux affirme être équipée de plusieurs détecteurs dans une seule habitation.

Cependant, l’étude révèle que dans 2 cas sur 10, les détecteurs sont installés dans les cuisines. C’est une erreur. Il faut en effet privilégier les pièces éloignées des cuisines, salle de bain ou garage. Les vapeurs ou fumée de ces dernières enclenchent trop facilement le détecteur. Il est aussi conseillé de veiller au bon fonctionnement de l’appareil.

Les bons réflexes à avoir en cas d’incendie

Selon le SDIS 78, il est préférable d’installer le détecteur dans la pièce qui mène aux chambres (comme un couloir) et de le positionner au centre du plafond. Si le domicile fait plusieurs étage, l’idéal est de disposer d’un DAAF par étage. En cas d’incendie, un des premiers réflexes est bien évidemment d’évacuer avec l’ensemble des occupants. Les fumées et gaz précédant la venue des flammes sont souvent plus meurtriers que le feu, surtout la nuit. Ensuite il faut appeler les sapeurs-pompiers en composant le 18 ou le 112.

Fermez les portes !

Peu de gens le savent, mais une porte fermée limite considérablement la propagation d’un incendie. Fermer la porte d’une pièce en feu doit être un réflexe vital avant d’évacuer une habitation. De la même façon, dans un immeuble de logement collectif, il est impératif de refermer la porte d’entrée de l’appartement en feu. Cela a pour effet de limiter la propagation des fumées et des gaz chauds dans la cage d’escalier.

S’il est impossible de sortir, il faut se rendre à une fenêtre afin d’être visible pour les secours. Dans ce cas, il faut alors humidifier un tissu. Positionné au bas de la porte, il limitera l’arrivée des fumées. Il est aussi impératif de placer un linge humide sur la bouche et le nez. En cas de fumée dans la pièce, rampez au sol pour vous rendre à la fenêtre.