Le Département au chevet du patrimoine yvelinois

Sandrine GAYET

Les Yvelines regorgent de trésors historiques. Depuis 1996, le Département mène une politique ambitieuse pour les préserver. Avec le dispositif « Restauration des Patrimoines historiques », il affirme son soutien en faveur des fleurons du territoire yvelinois. Pour accompagner les communes dans la préservation de leur patrimoine local, l’agence départementale IngénierY propose même des carnets d’entretien et d’autres services uniques.

Cet article fait partie du dossier: En 2021, la solidarité territoriale accrue dans les Yvelines

Les Yvelines regorgent de trésors historiques. Depuis 1996, le Département mène une politique ambitieuse pour les préserver. Le dispositif « Restauration des Patrimoines historiques 2020-2023 » réaffirme son soutien en faveur du patrimoine local. Pour accompagner les communes, l’agence départementale IngénierY propose même des carnets d’entretien et d’autres services uniques.

L’église Saint-Michel Juziers a bénéficié d’aides départementales pour sa restauration. Photo : Nicolas Duprey/CD78

Des églises romanes, de vieux lavoirs, des vitraux gothiques, des peintures exceptionnelles, des abbayes, des châteaux et des tours médiévales… notre département peut se targuer d’abriter quelques-uns des plus beaux témoins de l’histoire francilienne voire nationale.
C’est pour les sauvegarder que le Conseil départemental a créé le dispositif « Restauration des patrimoines historiques». Les subventions accordées portent sur les monuments en péril, les objets d’art non protégés ou inscrits et classés au titre des monuments historiques.

Avec IngénierY, les Yvelines innovent

Pour permettre aux communes rurales d’engager des travaux mais surtout, de prévenir la dégradation des édifices, le Département des Yvelines a signé en 2018 une convention unique en France avec IngénierY et la Fondation de sauvegarde de l’Art français. Objectif ? Mener des opérations de conservation préventives pour les édifices historiques avec la création de « carnets de santé » des bâtiments.

Aucun système équivalent n’existe en France !

La problématique de l’entretien du patrimoine rural est un vrai casse-tête pour les maires. Pour les aider, l’agence IngénierY leur propose un carnet de suivi d’entretien, sorte de carnet de santé du bâtiment. Il permet une programmation pluriannuelle de petites interventions préventives, nécessaires à la conservation des monuments.

Dans le souci de « prévenir plutôt que guérir ». Des communes confrontées à des difficultés tardent en effet à engager les travaux nécessaires. Quand elles le font, la dégradation est déjà très avancée donc les interventions lourdes et coûteuses. La véritable difficulté pour les communes, c’est d’arriver à prioriser les interventions. C’est là que le rôle des experts du Pôle sauvegarde et transmission des patrimoines d’IngénierY est déterminant !

Lors de la délibération du 5 février 2021, les élus ont voté une aide de plus de 29 000 euros pour la création de carnets d’entretien pour le château de Beynes et les églises de Flacourt, Goupillières et Mezy-sur-Seine.

L’église Saint-Germain de Goupillières. Photo Nicolas Duprey/CD78

« L’église reste un marqueur visuel, géographique, historique et affectif pour les habitants. Sans négliger la dimension touristique », la Fondation du patrimoine.

Le 5 février 2021, les élus départementaux ont aussi voté le financement de la restauration d’églises pour quatre communes : Bennecourt (33 213 €), Mareil-le-Guyon (85 000 €), Mareil-Marly (49 534 €) et Montfort-l’Amaury (85 000 €) dans le cadre du dispositif « Restauration des patrimoines historiques 2020-2023 ».

Eglise Saint-Ouen de Bennecourt, classée au titre des monuments historiques.
Elle a été construite sous les règnes de François Ier et Henry II, au 2e quart du XVIe siècle. Construite sur un plan en croix latine, elle a certainement remplacé ou est un agrandissement d’un édifice plus ancien. Le mur ouest du croisillon sud porte la date de 1532. Des décors peints subsistent à l’intérieur de l’église, dont une scène de couronnement de la Vierge qui pourrait dater du XVIe siècle. Les vitraux datent des années 1918 à 1920 et sont issus d’un don de l’industriel belge Louis Piret afin de remercier la paroisse de Bennecourt de l’accueil des réfugiés belges durant la Première guerre mondiale.

Eglise Saint-Etienne de Mareil-Marly, classée au titre des monuments historiques.
Elle a été érigée dans le style gothique au XIIIe siècle, sur l’emplacement d’une première église romane, qui semble attestée dès le XIIe siècle, et dont l’existence est confirmée par le Pouillé de Chartres en 1173.
Le choeur et les chapelles sont ornés de décors peints. L’église a été classée au titre des Monuments historiques en 1853.

Eglise Saint-Pierre de Montfort-l’Amaury, classée au titre des monuments historiques  en 1840. Cette église – dont l’origine date du XIe siècle – a été entièrement reconstruite aux XVe et XVIe siècles, à l’initiative d’Anne de Bretagne, comtesse de Montfort, dont les armes sont encore visibles sur les voûtes des bas-côtés.

Eglise Saint-Martin de Mareil-le-Guyon, non protégée au titre des monuments historiques.
L’église Saint-Martin, non protégée au titre des monuments historiques, a été construite à l’emplacement d’une ancienne chapelle, attestée dès le Xe siècle. L’édifice actuel a cependant été très remanié.
Ses parties les plus anciennes pourraient dater du XIIIe ou du XIVe siècle. L’édifice se compose d’une nef surmontée d’une voûte en berceau, d’un choeur à chevet plat voûté d’arêtes et d’une chapelle, ajoutée au XVIIe siècle. Le clocher a été ajouté ultérieurement. A cette occasion, le passage vers le choeur a été remanié dans un style classique au XVIIe ou au XVIIIe siècle. Un narthex a été ajouté au XIXe siècle à la façade ouest.

Les communes propriétaires des églises construites avant 1905

Depuis la loi de séparation des Eglises et de l’Etat en 1905, les communes, propriétaires des églises construites avant cette date, ont la faculté mais non l’obligation « d’engager les dépenses nécessaires pour l’entretien et la conservation des édifices du culte ». Le diocèse, quant à lui, a la charge des édifices construits après 1905.
Les communes ne sont pas laissées seules face aux lourds travaux de rénovation qui s’imposent régulièrement. Elles peuvent faire appel à différents partenaires – l’Etat, la région et le département – dont le taux de participation varie selon le statut juridique des édifices (protégés ou non) et la nature des travaux (simple entretien ou campagnes de restauration exécutées dans le cadre de programmations pluriannuelles).

Le patrimoine yvelinois en chiffres :

• 500 édifices protégés au titre des monuments historiques parmi lesquels la cathédrale de Versailles, les collégiales de Mantes et Poissy, mais aussi de plus modestes édifices (églises rurales, écoles, hôtels de ville…)
• 2 400 Œuvres protégées
• 6 000 édifices et objets non protégés.