Apiculture : 2021, année noire pour les abeilles des Yvelines

Marie-CamilleRigato Sonally

Cela n’aura échappé à personne : l’été 2021 a été des plus maussades. Si cela a impacté les séjours des vacanciers et les récoltes des agriculteurs, il y a un autre secteur qui a souffert des conditions climatiques : l’apiculture. Jean-Régis Coursolle est en charge des ruches départementales et il nous explique en quoi 2021 aura été une année noire pour les abeilles.

Ruches et abeilles à Versailles

Apiculture : 2021, année noire pour les abeilles des Yvelines © CD78 / MC.Rigato

Depuis quelques années, les équipes départementales des Espaces Verts (DCNS) ont essaimé sur le territoire yvelinois de jolies ruches colorées. C’est au Domaine de Madame Élisabeth à Versailles, que la démarche est née, sous l’égide de Jean-Régis Coursolle qui a suivi une formation d’apiculteur. Cela fait 5 ans qu’il s’occupe avec succès des abeilles du Département. Lorsque l’aventure a démarré il n’y avait que quelques ruches. Aujourd’hui, il y en a 25 réparties aussi bien au Domaine que sur le toit des Archives départementales ou dans différentes communes.

Pas de printemps qui chante pour les abeilles

Si l’expérience s’est avérée concluante au fil du temps, 2021 aura été la pire année pour les butineuses départementales. « Nous avons eu un printemps en dents de scie et un été pluvieux ce qui a été fatal aux abeilles et à leur production de miel », explique Jean-Régis.

Pour bien se rendre compte de la situation, il suffit de comparer les récoltes de 2020 et 2021.

« En 2020 avec 6 ruches, j’ai récolté 160 à 190 kg de miel. Cette année avec 25 ruches, je n’en ai que 100 kg », déplore Jean-Régis.

En règle générale la saison d’une abeille s’étale de mi- février/mars à septembre, ce qui permet à l’apiculteur de récolter deux types de miel : celui de printemps en mai, et celui d’été, à la fin juillet.
Mais en 2021, le printemps a mis la robustesse des abeilles à rude épreuve. Si des vagues de chaleur les ont poussées à sortir butiner, problème : la météo clémente n’a pas duré, forçant les ouvrières à rentrer dans la ruche où elles ont consommé leurs réserves au lieu d’en créer de nouvelles pour préparer l’hiver.
Les reines ont alors moins pondu, entraînant la fragilisation des colonies. Certaines sont mortes, et d’autres ont quitté les ruches en quête de meilleures conditions de vie (qu’elles n’ont pas trouvées…).

Miel d'abeilles

Apiculture : 2021, année noire pour les abeilles des Yvelines © CD78 / MC.Rigato

Un peu de miel sans coup de soleil

Pendant l’été, le temps ne s’est guère amélioré. La pluie a délavé le pollen des fleurs et empêché les abeilles de sortir. Un cercle vicieux s’est alors créé : moins de pollen et de miel, c’est moins d’abeilles et moins d’abeilles c’est moins de production. Jean-Régis s’est alors retrouvé à devoir nourrir ses petites protégées en leur fournissant du sirop. Nourrissage qu’il effectue normalement et ponctuellement d’octobre à février lorsque les abeilles sont en période d’hivernage.

« C’est un geste d’apiculteur aguerri. Mais pour les amateurs qui ne sont pas habitués à contrôler le poids et l’état des essaims ça a été compliqué de maintenir les colonies en vie », regrette Jean-Régis.

Il complète en expliquant que beaucoup de professionnels, qui se sont lancés cette année, ont eu des difficultés économiques à cause du peu de miel récolté et de la fermeture des marchés.

À la faveur de l’automne…

L’automne aura-t-il été plus clément ? Oui et non… la douceur des températures et le beau temps ont permis aux abeilles de se reporter sur des fleurs comme celles du lierre, mais le mois de septembre a été l’occasion pour l’un des principaux prédateurs des abeilles de revenir : le frelon asiatique. Féroce et vorace, sa présence aux alentours des ruches stresse leurs occupantes qui s’abstiennent de sortir.

Pour autant, Jean-Régis reste optimiste :

« En général après un été pourri on a le droit à quatre bons étés d’affilée ».

Croisons donc les doigts et donnons rendez-vous aux abeilles des Yvelines en 2022 pour un été gorgé de miel.

Retrouvez, en vidéo, le travail qu’effectue Jean-Régis Coursolle au Département des Yvelines.