Patrimoine rural : Prévenir plutôt que guérir

Sandrine GAYET

En juin 2018, le Département signait une convention unique en France avec Ingéniery et la Fondation de sauvegarde de l’Art français. Objectif ? Mener des opérations de conservation préventives pour les édifices historiques. Rencontre avec Cécile Garguelle, responsable du Pôle sauvegarde et transmission des patrimoines. En matière de prévention, quelles sont vos actions ? Nous […]

Cet article fait partie du dossier: Le Département, 1er partenaire des communes

En juin 2018, le Département signait une convention unique en France avec Ingéniery et la Fondation de sauvegarde de l’Art français. Objectif ? Mener des opérations de conservation préventives pour les édifices historiques. Rencontre avec Cécile Garguelle, responsable du Pôle sauvegarde et transmission des patrimoines.

En matière de prévention, quelles sont vos actions ?
Nous travaillons sur la problématique de l’entretien du patrimoine qui est notre priorité depuis deux ans. Ainsi, allons-nous créer grâce au « dispositif entretien du patrimoine rural », pour chaque édifice historique, un carnet de suivi d’entretien, sorte de carnet de santé du bâtiment. Il permettra une programmation pluriannuelle de petites interventions préventives, nécessaires à la conservation des monuments. Dans le souci de « prévenir plutôt que guérir », on souhaiterait que les communes prennent conscience qu’elles doivent être actrices de ce changement de vision. C’est une expérimentation novatrice car aucun système équivalent n’existe en France.

L’autre innovation de ce dispositif, c’est ce partenariat public/privé…

En effet. Dans le cadre de la convention tripartite signée entre le Département, Ingéniery et la Sauvegarde de l’Art français, la Fondation a pour mission de développer le lien entre les mécènes et les communes rurales afin de soutenir financièrement ces dernières dans leur action d’entretien du patrimoine. La Sauvegarde récoltera donc les fonds privés qui seront ensuite distribués, par ses soins, aux communes choisies par les mécènes. Du reste, ce dispositif, inédit en France, a reçu en 2018 le Trophée Or (catégorie communi-cation/attractivité territoriale) lors du festival Fimbacte.

L’incendie de Notre-Dame de Paris a fait prendre conscience de la dégradation du patrimoine en France. Qu’en est-il dans les Yvelines ?

Forts d’une vision assez précise de l’état sanitaire des objets du département, nous pouvons dire que l’essentiel du patrimoine mobilier n’est pas menacé. Nous constatons même une diminution de notre activité en faveur de la restauration d’objets ; c’est le fruit de la politique d’aides du Département menée depuis 20 ans dans ce domaine, conjuguée aux actions du Pôle de sauvegarde et transmission des patrimoines, de sensibilisation et de surveillance régulière des objets.

Et pour le patrimoine bâti ?

Là, le constat est malheureusement moins bon malgré une politique d’aides à la restauration très incitative. Des communes confrontées à des difficultés tardent à engager les travaux nécessaires. Quand elles le font, la dégradation est déjà très avancée donc les interventions lourdes et coûteuses. Le problème, à mon sens, n’est pas que financier. La véritable difficulté pour les communes, c’est aussi d’arriver à prioriser les interventions. Et ce qui est parfois indispensable à faire n’est pas toujours très évident pour les non spécialistes. C’est là que notre rôle de conseil est déterminant.

LE PATRIMOINE YVELINOIS, CE SONT…

  • 500 édifices protégés au titre des monuments historiques parmi lesquels la cathédrale de Versailles, les collégiales de Mantes et Poissy, mais aussi de plus modestes édifices (églises rurales, écoles, hôtels de ville…)
  • 2 400 Œuvres protégées
  • 6 000 édifices et objets non protégés.