La Boîte à champignons, championne de « spore éco »

Sandrine GAYET

Saint-Nom-la-Bretèche devient-elle la capitale du savoureux pleurote Monte-Cristo ? Possible, grâce à la Boîte à champignons qui y développe leur culture sur du marc de café.

Cet article fait partie du dossier: Salon de l’agriculture 2018 : les innovations dans les Yvelines

Saint-Nom-la-Bretèche devient-elle la capitale du savoureux pleurote Monte-Cristo ? Possible, grâce à la Boîte à champignons qui y développe leur culture sur du marc de café.

Chambre de fructification des pleurotes - N.Duprey/CD78

Chambre de fructification des pleurotes – N.Duprey/CD78

Grégoire Bleu peut lire son avenir en rose dans le marc de café. Le co-fondateur de la Boîte à champignons a de quoi être fier, son entreprise est reconnue jusque dans les ministères. En novembre dernier, les ministres de la Santé et de l’Agriculture lui ont rendu visite à Saint-Nom-la-Bretèche pour découvrir ce concept original : la culture des champignons sur du marc de café recyclé. Les pleurotes Monte Cristo aujourd’hui, les morilles demain. Cette forme d’agro-urbanisme est prometteuse. Plus besoin d’attendre l’automne pour la cueillette. A Saint-Nom, la récolte a lieu tous les jours aux quatre saisons : « Nous produisons 250 kg par semaine mais tablons sur 1 tonne très rapidement», sourit Grégoire.

Les sous-bois emballés
Le procédé est révolutionnaire. La start-up collecte des résidus urbains pour les transformer en pleurotes comestibles aux spores éclatantes. Rien ne se perd, tout se transforme, c’est leur crédo : carton, copeaux de bois, paille, drêche de bière et surtout, marc de café, tout cela est amalgamé pour devenir un terreau exceptionnel. Dans les chambres de fructification, les pleurotes croissent en deux semaines dans des sacs :

Nous y recréons le sous-bois d’automne avec beaucoup de CO2, pas trop de lumière et une atmosphère douce,

explique Grégoire Bleu, sans trop dévoiler les secrets de cette alchimie qui a nécessité trois ans de recherche. Son associé, Cédric Péchard a impulsé l’idée de cette économie circulaire qui fait travailler des personnes en insertion, autre dimension phare de cette PME. Elle travaille en effet en partenariat avec des entreprises apprenantes en agriculture de Seine Aval et les Chantiers Yvelines. « On récupère auprès des collectivités et entreprises les cartons et le marc de café des machines. Ils contiennent de la cellulose, élément clé pour cultiver les champignons qui s’en nourrissent. On incorpore le mycélium et le tout forge un sous-bois fertile ». Le résultat donne des champignons goûteux que les chefs étoilés parisiens s’arrachent au marché de Rungis.

Des kits pour les particuliers
Les kits de champignons à faire pousser chez soi sont en vente dans la plupart des supermarchés. Une idée simple et efficace. Chacun peut faire sa culture de pleurotes, les enfants adorent. Du reste, le site de l’entreprise propose des tutos mais aussi des recettes de cuisine concoctées par les grands chefs. Le « Do it yourself » made in 78…