Xavier Dufrayer : le magicien de l’eau

Xavier-Édouard Dufrayer naît rue Saint-Denis à Paris, le 15 mars 1811. Cet ingénieur marqua les Yvelines de ses travaux sur le réseau de rivières, alimentant ainsi la plaine de Versailles grâce à ses machines hydrauliques. Des débuts prometteurs Fils de commerçants doué pour le dessin, il intègre l’École des arts et métiers de Châlons en […]

Cet article fait partie du dossier: L’eau dans les Yvelines : toute une histoire !

Xavier-Édouard Dufrayer naît rue Saint-Denis à Paris, le 15 mars 1811. Cet ingénieur marqua les Yvelines de ses travaux sur le réseau de rivières, alimentant ainsi la plaine de Versailles grâce à ses machines hydrauliques.

Des débuts prometteurs

Xavier Dufrayer © Archives des Yvelines

Fils de commerçants doué pour le dessin, il intègre l’École des arts et métiers de Châlons en 1826. À sa sortie, le jeune Xavier sillonne la France jusqu’en Algérie pour proposer ses services auprès des industries modernes utilisant l’énergie vapeur.

Employé comme ingénieur civil par son cousin Derosne, fondateur des ateliers Chaillot, Dufrayer est chargé de l’installation des distilleries de betterave à sucre. L’architecte Denière l’engage ensuite pour diriger les travaux de pose et d’ajustage de la Colonne de Juillet sur la place de la Bastille. En 1837, la compagnie des chemins de fer Paris – Versailles Rive Gauche, l’embauche pour mettre des ateliers de construction et d’entretien des locomotives.

Les machines de Marly

Le 9 juillet 1838, l’ingénieur entre au Service des eaux de Versailles en tant que sous-inspecteur de la machine de Marly. Travailleur infatigable et dessinateur chevronné, il va monter un à un les échelons jusqu’au dernier et imposer habilement ses idées.

Intérieur de la Machine de Marly © Archives des Yvelines

Son chantier principal est le remplacement, en 1858, de la machine à vapeur de Marly par une puissante machine hydraulique sur la Seine alimentant en eau la population et les fontaines de Versailles, Saint-Cloud et Meudon. Depuis la fin du XVIIe siècle, élever l’eau de la Seine sur le coteau de Louveciennes vers Versailles devient un défi auquel bien des savants et ingénieurs sont confrontés, au risque de voir leur carrière ruinée. Trois machines hydrauliques et une à vapeur se sont succédées sur le site de Bougival :

  • la machine complexe et peu fiable de Rennequin Sualem (1684-1817),
  • celle jugée provisoire de Brunet (1817-1856),
  • la pompe à feu trop coûteuse en combustible de Cécile et Martin (1827-1859)
  • et enfin, la machine de Dufrayer (1858-1969), détruite lors de la construction du barrage de Bougival.

Le succès de Dufrayer lui vaut la reconnaissance de l’empereur Napoléon III et les honneurs de l’exposition universelle de 1867.

De l’eau royale à l’eau impériale

La terrasse de Saint-Germain-en-Laye © Archives des Yvelines

Devenu une référence au niveau européen, il apporte son concours à d’autres entreprises, les plus emblématiques sur le territoire des Yvelines étant la conception de l’interminable balustrade de la grande terrasse de Saint-Germain-en-Laye (1855-1857) et la mise en place d’une machine à vapeur pour alimenter le réseau d’étangs et de rivières artificiels de la « ville-parc » du Vésinet (1860).

En 1871, la ville de Versailles, soucieuse de rétablir l’ordre après l’occupation allemande, demande à Dufrayer de devenir colonel de la garde nationale pour porter secours à la population. Très impliqué sur le plan local, Dufrayer s’éteint le 1er juin 1879, des suites d’une congestion pulmonaire.