Transformer la mer de déchets en forêt

Nicolas Théodet

26 000 tonnes de déchets vont laisser leur place à des milliers d’arbres. C’est le souhait du Département des Yvelines, qui entreprend le nettoyage de la mer de déchets afin de créer une forêt sur la boucle de Chanteloup. Si lors du confinement, les travaux ont cessé, depuis le 11 mai, les équipes sont mobilisées […]

Cet article fait partie du dossier: Réduction des déchets : une semaine pour sensibiliser

26 000 tonnes de déchets vont laisser leur place à des milliers d’arbres. C’est le souhait du Département des Yvelines, qui entreprend le nettoyage de la mer de déchets afin de créer une forêt sur la boucle de Chanteloup. Si lors du confinement, les travaux ont cessé, depuis le 11 mai, les équipes sont mobilisées pour continuer le nettoyage de la zone qui devrait se terminer à la mi-juin.

La plaine de Chanteloup, connue pour être la plus grande décharge à ciel ouvert de France, sera bientôt une forêt. C’est le souhait de Pierre Bédier, président des Yvelines : « nous allons promouvoir la création d’un écosystème dédié au bois, à la forêt et à ses usages. Il accueillera des entreprises, un centre de ressources, ou encore un centre de qualification tourné vers les techniques de construction en bois ».

Un projet qui a tout son sens selon le président qui souhaite incorporer « 80 % à 90 % des 330 ha de la plaine dans le projet ». Si requalifier cette zone revêt un enjeu considérable, il est primordial de valoriser le site par une action écologique bénéfique pour le territoire. En plantant une forêt, le Département souhaite développer la filière bois comme procédé de construction par défaut.

« Aujourd’hui, le bois permet de réaliser la plupart des structures bâtimentaires avec un impact carbone bien plus limité que le béton », précise Pierre Bédier, « le Département privilégiera systématiquement ce procédé dans ces appels d’offres, sauf impossibilité technique ».

Une première phase de nettoyage déjà engagée

Le Département s’attaque à la mer de déchets. © Nicolas DUPREY/ CD 78

Actuellement la plaine couvre 330 ha répartis sur les communes de Carrières-sous-Poissy, de Triel-sur-Seine et de Chanteloup-les-Vignes. Sur cette zone s’amoncellent plus de 26 000 tonnes de déchets provenant majoritairement des chantiers environnants. La première étape de nettoyage du site est réalisée par l’entreprise Picheta, mandatée par le Département. Après avoir balisé et enlevé l’amiante, « nous avons mis en place une équipe de tri afin de démarrer la phase de nettoyage. En parallèle nous évacuons l’amiante vers notre installation de stockage des déchets ». Si les travaux ont un temps cessés durant le confinement, il ont repris depuis le 11 mai dernier en mettant en place tout le système sanitaire nécessaire pour assurer la sécurité des personnes présentes sur le site.

Les activités ont repris avec le déconfinement le 11 mai dernier.La dépollution de la première partie devrait être terminée à la mi-juin. © Nicolas DUPREY/ CD 78

Pour le reste des déchets, c’est une unité de tri mobile qui se charge du traitement. Cette gigantesque machine organise et optimise le tri des matériaux trouvés sur place, qui seront ensuite valorisés. « L’objectif est de faire de ces déchets, une nouvelle matière première », précise Franck Paupardin.

Redonner une fonction à la Boucle de Chanteloup

Devenu un lieu habituel de décharge sauvage, le site ne doit pas seulement bénéficier d’un nettoyage, mais aussi d’une surveillance accrue et d’un projet à long terme. Pour éviter tout risque de repollution immédiate, une clôture de 2290 mètres a été installée et « un gardiennage physique va être entrepris, avant d’installer un dirigeable muni de caméras », explique Claire Marlaud, responsable du projet pour le Département des Yvelines. Le principal souci, reste pour le moment l’habitude qu’ont prise les pollueurs à se rendre sur la mer de déchets pour y déposer leurs ordures.

C’est pourquoi la requalification du site est essentielle pour sa reconversion. En élevant une forêt et un écosystème dédié au bois, le Département souhaite ainsi valoriser une matière première locale qui entraînera un dynamisme économique au sein même du territoire des Yvelines. Un projet positif en termes de qualité de vie, au service du développement durable et bénéfique à l’ensemble des yvelinois. Cette filière deviendra ainsi créatrice d’emplois et générera des ressources directes pour le territoire.