Les pionnières du futsal dans les Yvelines

Nicolas Théodet

Le football féminin explose dans les Yvelines. Mais une dizaine de filles sont allées plus loin en créant la toute première équipe de futsal du département. Caractérisées par leur amour du foot et leur envie de s’engager dans le fonctionnement d’un club, les filles comptent bien donner l’exemple. À 20h30 en plein milieu de l’hiver, […]

Cet article fait partie du dossier: 8 mars, les Yvelines au féminin

Le football féminin explose dans les Yvelines. Mais une dizaine de filles sont allées plus loin en créant la toute première équipe de futsal du département. Caractérisées par leur amour du foot et leur envie de s’engager dans le fonctionnement d’un club, les filles comptent bien donner l’exemple.

Le gymnase de Toussus est l’antre de la première équipe féminine de futsal des Yvelines. © CD78/N.DUPREY

À 20h30 en plein milieu de l’hiver, les rues de Toussus-le-Noble paraissent désertes. Les voitures sont parfaitement rangées devant les maisons pavillonnaires qui encadrent les sombres rues zigzaguantes, éclairées uniquement par quelques lampadaires. Pourtant, au milieu de ce calme reposant, un grand bâtiment rayonne et fait entendre un bruit singulier. Celui des baskets crissantes sur le parquet et les ballons rebondissants dans la salle. Il suffit d’ailleurs de pousser les portes du gymnase pour y découvrir une chose unique dans les Yvelines, le premier club de futsal féminin.

Pas de féminin ou de masculin, juste une équipe

« Cette année, on a pris la décision de créer une équipe féminine à Toussus », explique Anthony Sablé, responsable du club de l’ASCT. Au départ, l’envie était de faire une seconde équipe homme en catégorie loisir. Mais à force de discussions et de questionnements, le projet est tombé à l’eau. « Il y a dix filles qui sont arrivées de Guyancourt avec leur coach et la ferme intention de jouer au foot. Alors en tant que dirigeant, j’ai décidé de monter une équipe 100% féminine », explique le responsable.

Aujourd’hui, les filles sont treize à venir deux fois par semaine pour s’entraîner. Dans le bruit et la résonance de la salle, elles parlent, courent, frappent et suent à chaque exercice proposé par leur coach. Parmi elles, Camille Rouyer et Lara Pinard font parties de ces filles qui ont permis la création du club.

« Ça fait presque 20 ans que je fais du foot. J’avais envie de changer de la pratique à 11. Avec les filles on s’est renseignées, on a vu qu’il y avait un championnat régional. On a rencontré Anthony, et il nous a proposé de venir et de monter le club », explique Camille.

Dans les vestiaires, le coach et les filles discutent ensemble de la rencontre. © CD78/N.DUPREY

A l’ASCT, les joueuses ont trouvé leur place. « Dans certains clubs, on voit que le foot masculin est prioritaire. Ici, ce n’est pas le cas. Ils viennent nous voir jouer, assister à nos entraînements. Et de l’autre côté, nous les filles, on les suit aussi. Le club c’est une seule équipe. Aucune n’est prioritaire sur l’autre », analyse Lara. Elle, a quitté la danse il y a quatre ans pour faire du football. Aujourd’hui lycéenne, elle pratique avec passion ce sport qui lui permet de s’épanouir et aussi de s’investir dans l’organisation. Actuellement ASCT Toussus-le-Noble accueille 60 joueurs, dont 13 filles et 19 enfants.

« Aujourd’hui, presque toutes les villes ont une équipe »

Aujourd’hui, les filles de Toussus appellent toutes celles qui le souhaitent à venir les rejoindre. Le futsal offre en effet une pratique du football simplifiée. « Le futsal présente l’avantage de ne pas avoir de coupure à cause des terrains arrêtés, des intempéries… L’organisation des matches est plus simple. C’est un plus pour la motivation des joueurs et des joueuses », explique Anthony. Si bien que depuis la création, trois filles ont intégré l’effectif. Synonyme de l’envie croissante des filles à vouloir taper dans le cuir.

« On a des copines qui sont mamans et qui ont commencé le football très tard. Pour leur famille, il y avait le côté sport pour les filles et sport pour les gars, explique Camille. Aujourd’hui, en tant qu’éducatrice, je vois beaucoup plus de jeunes filles jouer au foot dans la cour de l’école. Le football féminin a trouvé sa place ».

Des propos que confirme Lara qui elle, en seulement quatre ans, a vu cette croissance incroyable au cœur même des Yvelines : « maintenant presque toutes les villes ont un club de football féminin alors qu’avant, il n’y en avait que trois ou quatre avec le PSG ».

Le football féminin en plein boom dans les Yvelines

Le futsal féminin attire du monde dans les gradins du gymnase. © CD78/N.DUPREY

Une progression qui s’explique avant tout par la médiatisation. Si la victoire des Bleus au mondial russe en 2018 a été un grand pas en avant, il ne faut pas négliger les performances de l’équipe de France féminine qui a accueilli le mondial en 2019 au cœur d’une vraie ferveur populaire. Les Yvelines s’étaient jointes à la fête en accueillant plusieurs sélections nationales à Croissy-sur-Seine et en diffusant les matchs sur grand écran.

Cette ferveur, le district départemental l’a sentie dès la saison 2018 avec une augmentation de 16% (2259 licenciées) des demandes de licences. « Avant, les jeunes filles devaient pratiquer le foot avec les garçons jusqu’à l’âge de 15 ans. Aujourd’hui, nous pouvons constituer des équipes entières avec des jeunes filles », confie un responsable. Entre 2018 et 2019, le taux de licenciées a augmenté de 22% et ne cesse de croître progressivement. Ce qui va sans aucun doute perdurer sur le territoire avec l’installation prochaine de l’équipe féminine du PSG au futur Training Center du club à Poissy. Une enceinte dans laquelle un stade de 3000 places sera entièrement dédié aux matchs de vice-championne de France.