La création d’une B.D les aide à se reconstruire

Sandrine GAYET

Au 29e festival B.D de Buc (15 et 16 octobre 2022), Karine et Catherine dédicaçaient leurs premières planches. Elles ont suivi des ateliers de dessin, mis en place par le Territoire d’action départementale (TAD) Grand Versailles pour accompagner les femmes victimes de violences conjugales.

Cet article fait partie du dossier: Violences intrafamiliales, qui contacter dans les Yvelines ?

Au 29e festival B.D de Buc (15 et 16 octobre 2022), Karine et Catherine dédicaçaient leurs premières planches. Elles ont suivi des ateliers de dessin, mis en place par le Territoire d’action départementale (TAD) Grand Versailles pour accompagner les femmes victimes de violences conjugales.

Karine et Catherine signent leurs BD au Festival de la BD de Buc (15 et 16 octobre 2022). @S.Gayet/CD78

L’une n’avait jamais tenu un crayon. L’autre n’avait pas beaucoup de technique mais aimait l’exercice.

Anonymes parmi les têtes d’affiche invitées au festival de la BD de Buc, Karine « avec un K » et Catherine étaient un peu étourdies par l’accueil chaleureux du public venu à leur rencontre. Il leur a fallu du courage pour exposer leurs dessins. Car ces deux femmes timides, un peu gênées d’être là, présentaient le fruit d’un travail mené pendant plusieurs mois avec le dessinateur Marc Védrines. Les ateliers auxquels elles ont participé ont été créés par les équipes du Réseau « Revco » du TAD Grand Versailles, qui accompagnent les femmes victimes de violences conjugales.

« Le dessin m’a permis de communiquer autrement. De sortir d’une situation personnelle difficile, de prendre du recul »,

explique doucement une des dessinatrices.

La création d’une B.D les aide à se reconstruire. @S.Gayet/CD78

« Ce qui est bien avec le dessin, c’est qu’il faut rester concentré donc on n’a pas le temps de penser à ce qui ne va pas dans notre vie de tous les jours. Les séances avec Marc étaient vraiment bien. On voudrait continuer, aller au bout du projet B.D. Garder ce lien…avec l’extérieur».

Aider les victimes à se reconstruire

C’est tout l’enjeu de la mission du Réseau « Revco ».

Les conséquences psychologiques sur les victimes peuvent être dramatiques et lourdes. Il est donc primordial de réussir à les accompagner pour leur permettre de se reconstruire et de protéger leur famille,

explique Sylvie Vivier, directrice du TAD Grand Versailles.

Le théâtre pour exorciser les maux

En 2021, le Réseau Revco et le pôle départemental en charge de l’inclusion solidaire, avaient accompagné une dizaine de femmes victimes de violences conjugales par la création d’une pièce de théâtre magnifique et touchante : « Quand les mots guérissent les maux ».
Que ce soit par le dessin ou l’oralité du théâtre, les non-dits, les blancs, les couleurs, les silences… tout cela a libéré ces femmes.

Ces ateliers encadrés avec bienveillance, rires, échanges, les ont soulagées, leur ont permis de relever la tête, de reprendre confiance en elles. De retrouver le sourire. « Et une certaine légèreté » conclut une des participantes de l’atelier théâtre venue encourager Karine et Catherine.