Du gaz produit avec les déchets alimentaires des cantines yvelinoises

YvesFOSSEY

Produire de l’énergie avec les restes des assiettes des collégiens yvelinois, c’est possible. Une unité de valorisation des bio-déchets par méthanisation, aménagée à Carrières-sous-Poissy, permet de produire du gaz et des fertilisants pour les terres agricoles.

Le méthaniseur digère les déchets des cantines des collèges des Yvelines CD78/Y.Fossey

C’est la première station de ce type en France. Elle a été créée suite à un accord entre la société Tryon, une jeune entreprise parisienne à l’origine de ce concept, et C’Midy, le gestionnaire des cantines des collèges yvelinois.

L’équipement, baptisé Modul’OYvelines, a été inauguré mercredi 3 novembre 2021 en présence des différents partenaires de l’opération. Doté d’immenses silos de décomposition, il peut digérer jusqu’à 8 000 tonnes de déchets alimentaires par an. Le gaz produit par les restes de repas est injecté dans le réseau public de GRDF.

Des collectes dans les 116 collèges fin 2022

Tout commence dans les cantines où les scolaires sont invités à trier leurs déchets après avoir déjeuner. Ils disposent de bacs spécifiques destinés à cet effet. Puis des agents de Tryon effectuent des tournées une à deux fois par semaine afin de collecter les déchets alimentaires.

L’opération fonctionne. Cyril Corbaz, le directeur des opérations de C’Midy, qui suit le dispositif, explique que le système monte progressivement en puissance.

Nous avons débuté en 2019 avec une trentaine d’établissements aujourd’hui nous en sommes à 70 et en décembre 2022 nous devrions assurer la collecte dans la totalité des collèges gérés par le Département soit 116 établissements.

Dans les Yvelines où environ 45 000 repas sont servis chaque jour dans les cantines des collèges, cela représente 800 à 900 tonnes de déchets par an et par établissement selon une estimation de la société Tyron.

Le gaz produit par les bio-déchets est traité dans une unité spécifique avant d’être injecté dans le réseau de GRDF. CD78/Y.Fossey

Acheminés par camion à Carrières-sous-Poissy, les bio-déchets sont déversés sur un tapis avant de passer dans un déconditionneur pour écarter les éventuelles erreurs de tri. Ils sont ensuite transférés dans des silos de digestion. Une fois à l’intérieur, des bactéries naturelles font alors leur travail. La décomposition s’effectue jour après jour.

Sébastien Gacougnolle, l’un des fondateurs de Tyron, qui connaît le sujet sur le bout des doigts, détaille le process de l’équipement, implanté à proximité de l’incinérateur Azalys.

Il faut compter 28 jours pour digérer les aliments collectés dans les cantines. Cette opération permet de produire du biogaz. Traitée dans une unité spécifique, l’énergie est alors réinjectée dans le réseau de gaz naturel au niveau de la route départementale 190 par une conduite.

Quant au « digestat », récupéré à la sortie du méthaniseur à la fin du cycle, il sert d’engrais pour la filière agricole. Les « boues » de l’équipement sont utilisées par des exploitants d’Ecquevilly.

Une loi impose la valorisation des déchets

Ce système innovant, qui est également un moyen de lutter contre le gaspillage alimentaire, s’inscrit dans le cadre d’une loi datant de 2016. Celle-ci impose aux professionnels générant au moins dix tonnes annuelles de bio-déchets d’en assurer la valorisation.

Pauline Winocour-Lefèvre, vice-présidente du conseil départemental (deuxième en partant de la gauche) lors de l’inauguration de l’équipement. CD78/Y.Fossey

Le syndicat ValoSeine, spécialisé dans la collecte des déchets, le Conseil départemental des Yvelines, représenté par Pauline Winocour-Lefèvre lors de l’inauguration, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie ou encore la Région et l’agglomération Grand Paris Seine & Oise figurent parmi les partenaires de l’opération.

Considéré comme « un exemple à suivre », ce type de méthaniseur devrait se développer. La société Tyron évoque déjà des nouvelles implantations dans le Département mais aussi en Ile-de-France.