Centenaire du Traité de Versailles ou la « paix brisée »

SandrineGAYET

Il est 15h ce 28 juin 1919. Après quatre années d’une terrible guerre, le premier conflit mondial de l’Histoire prend fin officiellement avec la signature du fameux traité de Versailles dans la Galerie des Glaces du château. « Paix » pour les uns, « diktat » pour les autres, le traité contient en germe les causes d’un second conflit, vingt ans plus tard.

Traité de Paix à Versailles@Archives départementales des Yvelines

Le 28 juin 1919, l’Allemagne, vaincue, signe le traité de paix dans la Galerie des Glaces. La Première Guerre mondiale est finie. Aucun décorum pour célébrer ce moment solennel.

27 délégations de 32 puissances sont présentes. Autour de la table siègent les quatre représentants des principales nations alliées : Georges Clémenceau pour la France, Thomas Woodrow Wilson pour les États-Unis, David Lloyd George pour la Grande-Bretagne, Vittorio Emanuele Orlando pour l’Italie. Müller, ministre des Affaires étrangères et le docteur Bell composent la délégation allemande.

© Château de Versailles

La séance dure cinquante minutes

Les conditions imposées à l’Allemagne sont draconiennes. Elle perd 68 000 km² de son territoire, dont l’Alsace et la Lorraine (annexées en 1870), et 8 millions d’habitants. Une partie de la Prusse orientale est démantelée au profit de la Pologne qui gagne un accès à la mer par le fameux « Corridor de Dantzig ». L’Allemagne doit verser 20 milliards de marks-or au titre des réparations réclamées par la France. Elle perd l’essentiel de son minerai et de sa production agricole. Sa puissance militaire est anéantie… Humiliée, l’Allemagne n’aspirera qu’à la revanche. Une nouvelle guerre, que l’on pensait écartée, se prépare…

Sortie de Clémenceau, Wilson, Lloyd George sur la terrasse du château@Archives départementales des Yvelines

Le français n’est plus la seule langue de la diplomatie

Le traité de Versailles fut rédigé en français et en anglais : le texte portait le titre Conditions de paix – Conditions of Peace. C’était la première fois depuis le traité de Rastatt de 1714 (qui mettait fin à la guerre de Succession d’Espagne) que le français n’était plus la seule langue officielle de la diplomatie occidentale. Le traité de Versailles de 1919 constitue une date nouvelle dans la diffusion du français et son affrontement avec l’anglais sur l’échiquier diplomatique.

Le Château de Versailles s’est associé à la Ville d’Arras et à la Région Hauts-de-France pour proposer une exposition consacrée au Traité de Versailles du 28 juin au 11 novembre 2019 au Musée des Beaux-Arts d’Arras.