40 ans de vélo et toujours la même passion

Nicolas Théodet

Cela fait 40 ans qu’il fait du vélo. Et un jour, Jean-Yves Verdier a passé le cap et a décidé d’ouvrir sa boutique, en face du Vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines. Lorsqu’il quitte le monde de l’industrie, il y a quatre ans, Jean-Yves Verdier ne pensait sans doute pas vivre autant de sa passion. « Du vélo, ça […]

Cet article fait partie du dossier: Les Yvelines invitent le vélo sur ses routes et dans ses villes

Cela fait 40 ans qu’il fait du vélo. Et un jour, Jean-Yves Verdier a passé le cap et a décidé d’ouvrir sa boutique, en face du Vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines.

Jean-Yves Verdier au coeur de sa boutique. ©CD78

Lorsqu’il quitte le monde de l’industrie, il y a quatre ans, Jean-Yves Verdier ne pensait sans doute pas vivre autant de sa passion. « Du vélo, ça fait 40 ans que j’en fais », explique-t-il. Champion de France master sur piste, il côtoie aujourd’hui quotidiennement le Vélodrome National de Saint-Quentin. Chaque matin, il ouvre sa boutique, située juste en face. « Le local était vide depuis un certain temps, ça me titillait », rigole-t-il au cœur même de sa boutique.

Aujourd’hui, baignés de soleil par la grande verrière, les dizaines de vélos côtoient les maillots neufs à vendre et ceux des champions accrochés au mur. Si ce lundi matin, les portes sont fermées, une tête pas à travers la porte. « C’est un des mécanos de l’équipe de France sur piste », précise-t-il. Sa proximité avec le Vélodrome lui permet ainsi de les aider dans la recherche de différentes pièces.

« C’est le cœur de notre métier », déclare Jean-Yves, « on ne peut pas lutter dans la vente de vélo face aux grosses enseignes et internet. Nous ce qu’on peut amener, c’est du conseil ».

D’autant qu’il n’y a plus de stock. L’engouement autour du vélo a dévalisé les vendeurs qui aujourd’hui peinent à se fournir. Jean-Yves Verdier n’échappe pas à la règle. « Mais on a remarqué quelque chose. C’est que les gens sont friands de conseils et de temps. Si les gens ont besoin qu’on échange avec eux pendant vingt minutes ou une heure, et bien on restera avec eux ».

Partager la passion du vélo avec tout le monde

La Cyclerie mélange toutes les pratiques du vélo. Celui du quotidien, le sport et le loisir. ©CD78

Son épanouissement, Jean-Yves le trouve sans nul doute dans le partage. Conscient de l’évolution sociétale que représente le vélo, il accepte pleinement ce rôle. « On fait un peu de location. La base de loisir n’est pas loin et la demande est forte. Et même, le week-end prochain on fait notre premier atelier vélo », s’enthousiasme le vélociste.

« Dimanche matin, on propose aux cyclistes des ateliers de réparation d’une heure et demi voire deux heures où les gens viennent avec leur vélo et on leur apprend à changer une roue, réparer une chaîne, un frein… ».

On est donc loin de l’idée du simple vendeur. Aujourd’hui, vélociste est un métier de service et d’accompagnement. « Il faut une synergie entre les acteurs du vélo. On échange nous pas mal entre nous déjà. Être tout seul dans son coin c’est ridicule, encore plus dans les Yvelines », précise le vélociste qui espère profiter de l’aura du vélodrome pour promouvoir le vélo. « On a une grande esplanade en herbe. Il existe des animations comme le savoir rouler à vélo. On peut faire de grandes choses pour promouvoir la pratique du vélo si on s’allie », ajoute-t-il.

Être aussi un acteur de l’évolution des mobilités

Au coeur de son atelier, le vélociste répare et adapte les vélos. ©CD78

L’évolution sociale du vélo et sa place dans la société sont aujourd’hui indéniables. Mais quelle victoire pour les passionnés de voir qu’il change aussi fondamentalement la perception des mobilités. « Au-delà d’être un moyen de transport, le vélo est aussi devenu une façon de vivre », analyse le professionnel. Il y a le cycliste sportif, le cycliste des déplacements quotidiens qui sont déjà rodés à la notion du vélo.

« J’ai été surpris. On a vendu plein de vélos pliants électriques à des personnes à la retraite. Ils mettent le vélo dans la voiture, partent à 10-15 bornes et font leur balade. C’est pour leur loisir, mais aussi leur santé. A la base, ces gens n’étaient pas cyclistes, mais ils ont mis du vélo dans leur quotidien ».

Cette vie sur la selle, Jean-Yves espère encore la vivre longtemps et la faire partager. Malgré la crise qui a durablement impacté les commerces, il garde son optimisme et espère toujours mettre de plus en plus de vélo dans la vie des Yvelinois qui franchissent le seuil de sa boutique.