« Over the Blues » : la solidarité yvelinoise de fil en aiguille

Au début de la crise sanitaire, il n’a pas été rare de voir des hôpitaux lancer des appels aux dons sur les réseaux sociaux pour pallier à la pénurie de matériels. Face à ce constat, deux Yvelinoises ont décidé d’agir en lançant le mouvement « Over the Blues » qui a permis de fournir des sur-blouses faites maison aux soignants.

Le personnel de l’Ehpad Lepine de Versailles vêtu des blouses confectionnées par les couturières d’Over the Blues © Facebook / Over the Blues

Toute jolie histoire a une genèse souvent ordinaire. Le 27 mars, alors que la France n’est qu’à son neuvième jour de confinement, un EHPAD et deux hôpitaux de Versailles lancent un cri d’alarme : ils seront bientôt en pénurie de sur-blouses qui leur sont vitales lors de la prise en charge de patients atteints du Covid. Cet appel est partagé sur les réseaux sociaux, comme tant d’autres car un peu partout dans les établissements on manque de masques, de charlottes, de gants, de lunettes et aussi, de sur-blouses !

Des robes blanches de mariées aux blouses blanches de soignants

De g. à dr. : Aude de Montille et Odile de Ruffray © Over the Blues

La puissance des réseaux sociaux n’est plus à démontrer. Elle est d’autant plus notoire qu’en cette période de crise, les élans solidaires se sont fait entendre bien plus efficacement. Après avoir eu écho du manque de sur-blouses deux Yvelinoises décident d’agir. Elles s’appellent Aude de Montille et Odile de Ruffray. La première est Versaillaise, l’autre habite le Chesnay-Rocquencourt. Aude est créatrice de robes de mariées et Odile, restauratrice de monument. Avant le Covid-19 elles ne se connaissaient pas mais leur générosité, leur combativité et leur créativité les ont fait se « rencontrer ». Ensemble, elles ont mis à contribution leurs réseaux respectifs (amis, voisins, famille, amis du quartier, amis d’amis…) pour confectionner des sur-blouses.

Aude a immédiatement imaginé un patron qui a été validé par les hôpitaux. L’objectif était que les sur-blouses soient le plus simple à fabriquer possible, qu’elles soient efficaces contre les risques mais aussi que le produit fini, 100% coton, soit lavable. Ainsi, pas de gaspillage et un aspect durable et écoresponsable garanti !

Une chaîne de solidarité aux milliers de maillons

Depuis le 5 avril 2020 et un reportage de TF1 pendant le journal de 20h, le mouvement s’est accéléré de manière époustouflante. « Over the Blues » est alors devenu une association officielle. Des bénévoles ont mis leur savoir-faire et leur expertise au profit de la gestion de l’association : site internet, communication, juridique, lien avec les soignants, partenariats…

« Au total nous sommes une vingtaine d’amis ou de proches d’Aude et d’Odile à avoir mis nos compétences au service de l’asso. C’est une sacrée aventure et on en sortira définitivement grandi » explique Florent Violot bénévole en charge des relations presse.

Le personnel de l’HPR Bullion vêtu des sur-blouses Over the Blues © Over the Blues

Il insiste d’ailleurs sur ce terme : « bénévole ». Il n’y a aucune somme d’argent en jeu ! Tout ceci n’est qu’une immense chaîne de solidarité. Comme dirait le mari d’Aude « Over the Blues c’est zéro euro, zéro égo ! ».

De Versailles à Toulon, en passant par Tours ou Annecy

Par la suite, « Over the Blues » a dépassé les frontières yvelinoises. Le mouvement a pris de l’ampleur et s’est exporté en région. Depuis les Yvelines, les bénévoles ont guidé la création d’antennes sur tout le territoire grâce à un processus dorénavant rodé.

« Le but n’est absolument pas de « contrôler » les antennes locales mais de les accompagner dans leur développement pour qu’elles soient autonomes rapidement » précise Florent.

Grâce à Aude et Odile mais aussi grâce à Florent, Xavier, Stanislas, Sybille ou Madeleine et grâce à tant de donateurs et de couturières à travers la France, de nombreux soignants ont pu recevoir une sur-blouse solidaire.

Over the Blues

Beaucoup sont accompagnées de petits mots de remerciements. Toutes sont des modèles uniques : parfois colorées, à motifs, à pois ou à rayures ou customisées de petits cœurs pour donner du courage au personnel soignant.

« Un grand merci des équipes de Lépine Versailles. Votre soutien nous est d’un grand réconfort moral et physique » écrit Carole, membre du personnel de Lépine Versailles, dans le livre d’or de l’association

Et après ?

La jolie histoire ne s’est pas arrêtée là. Malgré les confinements, reconfinements, déconfinements, l’association a tenu bon et a évolué. Un an après le début de la crise sanitaire Over the Blues se consacre désormais à promouvoir le travail des ESAT et entreprises adaptées qui emploient des personnes en situation de handicap. Si l’aventure vous a touchée, vous pouvez la retrouver en librairie sous le titre « Over the blues : un succès solidaire face à la pandémie » aux éditions l’Harmattan.