Hélène Boucher, une pionnière de l’air

Sandrine GAYET

Les Yvelines ont écrit une longue histoire avec l’aviation. Elles furent le théâtre de vols d’essais qui ont fait entrer la France dans l’ère de l’aérien. Parmi les grands pionniers, figure Hélène Boucher qui aurait eu 110 ans ce 23 mai. Une aviatrice chevronnée, célébrée partout dans le monde, qui perdit la vie dans les Yvelines, à l’entraînement.

Cet article fait partie du dossier: 8 mars, les Yvelines au féminin

Les Yvelines ont écrit une longue histoire avec l’aviation. Elles furent le théâtre de vols d’essais qui ont fait entrer la France dans l’ère de l’aérien. Parmi les grands pionniers, figure Hélène Boucher qui aurait eu 110 ans ce 23 mai. Une aviatrice chevronnée, célébrée partout dans le monde, qui perdit la vie dans les Yvelines, à l’entraînement.

Hélène Boucher devant son Caudron modèle rafale © Wikimédia

Hélène Boucher devant son Caudron modèle rafale © Wikimédia

Ballons, dirigeables et avions ont fait leur baptême de l’air dans les Yvelines au 19e siècle. Le premier événement qui donna un « coup d’ailes » à la grande aventure aérienne des Yvelines fut le vol en ballon d’Henri Giffard, entre Paris et Trappes en 1852. Mais c’est à Versailles, en 1897 qu’eut lieu le premier vol en avion.

L'avion III - Eole de Clément Ader

L’avion III – Eole de Clément Ader © Wikimédia

Eole s’envole à Versailles-Satory

Génial inventeur (les chenilles des chars, la transmission stéréophonique, le câble sous-marin, l’aéroglisseur, le moteur V8, c’est lui), précurseur de l’aviation moderne, Clément Ader effectue le 9 octobre 1890, le premier vol à l’aérodrome de Satory-Versailles. Il fait décoller son appareil baptisé Eole, 20 centimètres au-dessus de la piste sur une longueur de 50 mètres. Performance trop modeste pour être homologuée et surtout, attirer les financiers. Il persévère et travaille avec le Ministère de la Guerre à de nouveaux prototypes. En 1897, il parvient, avec la version Eole – Avion III, à voler sur une distance de 300 mètres. L’aérodrome de Satory a également été le terrain d’entraînement d’Adolphe-Célestin Pégoud, pilote d’essai et père du looping en vol. Mais c’est sur l’aérodrome de Châteaufort qu’il expérimente le premier saut en parachute depuis un Blériot XI. L’avion, sans pilote, est sacrifié pour l’occasion.

Buc, Saint-Cyr-l’Ecole et Toussus-le-Noble, terrains mythiques

Robert Esnault-Pelterie créé à Buc un terrain d’aviation d’où partira, en 1911, la première course aérienne Paris-Nice-Rome-Turin. Pégoud y aurait effectué ses premiers loopings. A Toussus-le-Noble, des monoplans sont expérimentés. Le terrain attire Louis Blériot et Santos Dumont qui installent des hangars pour leurs appareils. Les premières écoles de pilotage y voient le jour. L’aérodrome de Saint-Cyr devient vers 1907, une base aérienne incontournable. Dirigeables et avions en font sa renommée.

Hélène Boucher, la figure de Guyancourt

Sa vie fut courte (1908-1934) mais d’une intensité folle. Celle que tous surnommaient « Léno » a commencé à piloter à 23 ans. Elle obtient son brevet de pilote de tourisme en 1931, puis passe dans la foulée celui de professionnel de transport public. Seules trois femmes en France détiennent ce brevet qui leur permet de voler de nuit, sur longues distances et avec des passagers (Adrienne Bolland, Maryse Bastié et Maryse Hilsz).
Hélène Boucher participe à des rallyes aériens et accumule les records du monde en vitesse et acrobatie. En 1934, elle signe un contrat avec la société Caudron-Renault qui vient d’être créée pour développer l’industrie aéronautique, les avions de course et de voltige en particulier ainsi que les voitures de course. Embauchée comme pilote d’essai, elle teste la maniabilité des appareils mais continue de concourir et de gagner : record du monde des 1 000 km en avion léger, record mondial de vitesse toute catégorie sur 100 km et sur 1 000 km. Elle est sur tous les aérodromes et dans toute la presse politique de l’époque car, féministe convaincue, elle est aussi très engagée pour le vote des Françaises.
En novembre 1934, elle se rend comme chaque matin à l’aérodrome de Guyancourt pour s’entraîner aux commandes d’un Caudron C.430 Rafale. Une merveille de l’époque. Mais son appareil accroche la cime des arbres au-dessus de la forêt de la Croix du Bois à Magny-les-Hameaux et s’écrase. Blessée, elle est évacuée vers l’hôpital de Versailles mais décède dans l’ambulance dans la côte de Satory à Guyancourt. Un hommage national lui est rendu aux Invalides à Paris, son cercueil y est exposé pendant deux jours. Hélène Boucher est la première femme à être honorée ainsi.