Edgar Jacobs : Yvelines, nid d’espions

ChloëBringuier

Edgar Jacobs, dessinateur du 20ème siècle est notamment connu pour ses personnages Blake et Mortimer. Retour sur un de ses albums dont l’intrigue se déroule entre Buc et Jouy-en-Josas. 

Edgar Jacobs : Yvelines, nid d’espions © Wikimédia

Le célèbre auteur belge de bandes dessinées, Edgar Jacobs, père de Blake et Mortimer, situe une partie de l’intrigue de son album S.O.S. Météores, paru en 1959, dans les Yvelines, démontrant une connaissance fine de la topographie de la région de Versailles et de la vallée de la Bièvre. On y retrouve des dessins fouillés de la gare de Versailles Rive-Gauche et des étangs de la Geneste, des communes de Buc et des Loges-en-Josas et le professeur Labrousse, météorologiste et ami du célèbre détective, habite une maison à Jouy-en-Josas. L’un des moments forts de l’album concerne une course poursuite impliquant l’ancienne ligne de Sceaux, qui deviendra plus tard la ligne B du RER (laquelle figurait déjà sur un atlas du Domaine de Coubertin conservé aux Archives départementales et datant du début de 1863) et dont le chronométrage est parfaitement crédible.

Edgar Jacobs : Yvelines, nid d’espions

Bien qu’il soit difficile d’identifier les sources documentaires auxquelles se réfère Jacobs, il semble que celui-ci ait effectué plusieurs séjours dans la région yvelinoise, hébergé par un ami qui habitait Jouy-en-Josas et qui aurait peut-être inspiré le personnage du Professeur labrousse, directeur de la Météorologie nationale installée quai Branly (rappelons, à cette occasion, la figure de Léon Teisserenc de Bort, pionnier de la météorologique à Trappes, dont cet ouvrage évoque aussi le souvenir). Nous sommes ici dans le domaine des conjectures.

Jacobs, né en 1904 à Bruxelles, est figurant et chanteur d’opéra avant de se lancer dans l’illustration. Il collabore à la revue « Bravo », jusqu’en 1946, puis se lie d’amitié avec Hergé et travaille à la refonte de certains albums de Tintin en participant au dessin des décors, des matériels et des équipements.

En 1946, il fait paraître dans le nouveau « Journal de Tintin », sa bande dessinée « Le Secret de l’Espadon », par planches hebdomadaires. Il se consacre désormais à ses propres héros et publie « Le Mystère de la Grande Pyramide », en 1950, bientôt suivi de nombreux autres albums, attendus par des lecteurs passionnés. Il meurt le 20 février 1987, toujours dans la même ville de Bruxelles. Aujourd’hui, de nombreux dessinateurs travaillent dans l’esprit graphique de Jacobs, et nombre d’entre eux truffent leurs albums de références au célèbre illustration.