Et Cocteau façonna Jean Marais

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Légende du cinéma, mais également écrivain, peintre, sculpteur, potier et cascadeur, Jean Marais possède tous les talents.

Jean Marais © Wikipedia

Il naît à Cherbourg dans une famille assez instable, puis accompagne sa mère en région parisienne. Après des études au lycée Condorcet à Paris, il se fait engager comme figurant au cinéma en 1933.

En 1937, il étudie chez Charles Dullin au Théâtre de l’Atelier et rencontre Jean Cocteau lors d’une audition pour la mise en scène de sa réécriture d’Oedipe Roi. Cet évènement marque le véritable lancement de sa carrière.
Le cinéaste et dramaturge tombe amoureux du jeune acteur qui sera son amant, puis son ami jusqu’à sa mort en 1963. Il lui confie dans la pièce un rôle muet, celui du Choeur, car l’acteur ne maîtrise pas encore assez sa voix. Quelques temps après, il écrit pour lui une pièce sur mesure, « Les parents terribles » (1938), qui lui assurent la reconnaissance de sa profession.

Devenu l’idole de sa génération, il joue les plus grands rôles dans les chefs-d’oeuvre de Cocteau, « La Belle et la Bête », film très difficile à tourner et auquel personne ne croyait, la pièce « L’Aigle à deux têtes » (1946), et « Orphée » (1948), l’un de ses films les plus célèbres.

À la fin des années 1940, il entre à la Comédie Française, où il est à la fois acteur, décorateur et metteur en scène, mais la quitte rapidement en raison d’une mésentente avec la direction.

Changements de registre

Fantomas © Wikipedia

À partir de 1950 et alors qu’il s’éloigne de Cocteau, il tourne pour les plus grands cinéastes, Luchino Visconti, Jean Renoir et Sacha Guitry. Son plus grand succès en salle est le « Comte de Monte Cristo », d’Alexandre Dumas dans la seconde adaptation de Robert Vernay. Il tourne une dernière fois pour Cocteau, « Le Testament d’Orphée » (1959) où il tient le rôle d’Oedipe et commence à tourner des films moins intellectuels comme « Le Bossu » (1959) avec Bourvil, « Le Capitaine Fracasse » (1961) et « Le Masque de Fer » (1962).

Marais change encore de registre avec la série des « Fantomas » (1964-1966) mais Louis de Funès lui vole la vedette. Après « Peau d’Âne » (1970) et « Joseph Basalmo » (1973), il se retire à Vallauris (Alpes Maritimes) où il s’adonne à la sculpture et à la poterie tout en continuant à tenir quelques rôles au cinéma et au théâtre jusqu’en 1997. Il meurt le 8 novembre 1998 à Cannes et est enterré dans le cimetière de Vallauris.

Sa vie dans les Yvelines

Lorsqu’il avait 5 ans, Jean Marais habitait au Vésinet, 90 boulevard de Belgique, avec sa mère, son frère, sa tante et sa grand-mère. Le cinéma du Vésinet porte d’ailleurs aujourd’hui son nom. En 1925, la famille déménage à Chatou, au 101 rue de Saint-Germain (avenue Foch depuis 1931). Elle y reste six ans, durant lesquels Jean se fait renvoyer de toutes les écoles pour indiscipline. Avant de quitter la ville, il est très brièvement employé aux usines Pathé, boulevard de la République. Jean Marais décrira ses souvenirs d’enfance dans « Histoire de ma vie », publiée en 1975.