Déserts médicaux, les mairies s’organisent

Sandrine GAYET

Mise à disposition de logements, financements de maisons de santé, aides de gardes d’enfants… les mairies yvelinoises se mettent en quatre pour chouchouter les professionnels de santé. Tous les maires dans les Yvelines observent avec inquiétude une baisse de l’offre de soins de premier recours. Pour lutter contre cette raréfaction médicale, les élus ont pour […]

Cet article fait partie du dossier: Spécial « Santé dans les Yvelines »

Mise à disposition de logements, financements de maisons de santé, aides de gardes d’enfants… les mairies yvelinoises se mettent en quatre pour chouchouter les professionnels de santé.

Maison de santé à Condé-sur-Vesgre

Tous les maires dans les Yvelines observent avec inquiétude une baisse de l’offre de soins de premier recours. Pour lutter contre cette raréfaction médicale, les élus ont pour priorité de mettre à disposition des locaux. Or si l’agence régionale de santé des Yvelines entend aider nos communes, elle insiste bien sur un point : «  Il n’y aura pas de maison de santé au pied de chaque clocher ». La cartographie des implantations doit tenir compte des réseaux de mobilité, des distances avec les hôpitaux… La priorité doit aussi être donnée aux bassins déficitaires. Les maires yvelinois ont bien conscience de tout cela, mais ne peuvent se résoudre à voir leurs médecins partir. Question : que peuvent-ils faire ?

Créer du relationnel

Le coup de silex doit être donné par les élus pour attirer les professionnels de santé. « Ils sont les mieux placés pour créer le relationnel, créer un réseau de confiance avec les professionnels de santé », estime Catherine Arenou, médecin et conseiller départemental. À Conflans-Sainte-Honorine une association de médecins se crée réunissant les professionnels de santé de Maurecourt et d’Andrésy. Son but ? «  Rompre avec l’isolement du médecin et favoriser l’installation de nouveaux docteurs ». Pharmaciens et divers professionnels du domaine médical sont invités à rejoindre cette amicale. «  Nous devons penser la santé entre nous, entre communes », explique un élu. Mais parfois, le relationnel enclenche un effet contraire. « À trop vouloir attirer les jeunes médecins, ils font monter les enchères. Il faut accepter, même si on le regrette, qu’ils vont au plus offrant », explique le maire d’un village de la plaine de Versailles.

Aménager des cabinets médicaux

À Orgerus, décision fut prise par les élus de transformer d’ancien s logements de fonction réservés aux enseignants, en cabinet médical. Aujourd’hui, deux professionnels y exercent, un soulagement pour cette commune de 2  400  habitants. Après le départ de ses généra listes, le désert médical menaçait. Une autre commune yvelinoise expérimente l’accueil de spécialistes, certains jours de la semaine. Le petit cabinet médical dispose d’une salle équipée pour recevoir en alternance, cardiologue, rhumatologue… « On assiste également à la création de structures qui ouvrent sans médecins, c’est quand même gênant », regrette un observateur qui veut garder l’anonymat. Ce qu’il pointe ? Ces maisons de santé occupées essentiellement par des activités paramédicales ou satellites (diététique, Aujourd’hui, allergologie…) et qui « n’apportent aucune réponse à la désertification médicale et aux besoins de soins de premier recours ».

Condé-sur-Vesgre cherche médecin

Josette Jean, Maire de Condé-sur-Vesgre, est même allée plus loin pour attirer des médecins. Elle a aidé au financement d’une superbe maison médicale pluridisciplinaire. Hélas, un des deux généralistes est parti alors que le généraliste actuel est débordé. Et voilà l’énergique maire partir en quête d’un nouveau médecin. « J’ai rencontré des jeunes internes, contacté l’Ordre, rien ». Madame Jean a même acheté un logement pour le mettre à la disposition du futur médecin, le temps qu’il s’installe et prenne ses marques. L’actuelle maison de santé de ce ravissant village réunit podologue, sage-femme, psychologue, infirmières, osthéos et un seul généraliste sur les deux prévus à l’origine de sa création. « Non seulement notre médecin doit suivre sa patientèle plus celle du docteur parti, mais en plus, il ne peut pas bénéficier de subventions pour avoir son secrétariat médical ». En effet, selon le cahier des charges de l’Agence régionale de santé, il doit y avoir au moins deux généralistes pour cela.