Écrans, alcool, drogues… Face aux conduites addictives, le Département des Yvelines se mobilise. Lauréat d’un appel à projets de la CPAM, il déploie depuis 2025 un programme d’actions pour former ses professionnels et sensibiliser les familles. L’objectif : mieux accompagner les usagers face à ces enjeux de santé publique, en constante évolution.

Le colloque du 16 mars, qui s’est tenu dans les locaux de la CPAM des Yvelines à Versailles, a attiré de nombreux professionnels sur le thème de l’usage des écrans chez l’enfant. ©CD78
Proactif sur les sujets liés à la santé, à l’enfance et la famille, le Département a répondu à un appel à projets de la CPAM portant sur les addictions dans le cadre du Fonds de Lutte Contre les Addictions. Depuis 2025, la collectivité déploie plusieurs actions : former les professionnels des structures départementales (Protection maternelle et infantile (PMI), Centres de santé sexuelle (CSS), Maison de l’enfance des Yvelines (MEY)) et sensibiliser les familles et les enfants.
Petits écrans, grands enjeux
Avec le soutien de l’association Premiers Cris, spécialisée dans la recherche et la création pour la petite enfance (0 à 6 ans), une recherche-action a été menée au sein de 19 PMI yvelinoises sur les mésusages des écrans chez les enfants. L’enjeu est de trouver les bons outils afin d’accompagner les parents à trouver un équilibre pérenne concernant l’utilisation des écrans (la leur et celle de leurs enfants) afin de mieux vivre la révolution numérique en cours.
« Nous fêtions l’an dernier les 80 ans de la PMI. En 80 ans, les technologies et les usages ont évolué. Il est important pour nous de pouvoir accompagner nos professionnels et les parents vis-à-vis des risques addictifs. Le sujet des écrans concerne tout le monde. Sur cette thématique, nous avons adopté une posture déstigmatisante et un regard constructif pour pouvoir accompagner les parents », introduisait Mathieu Cynober, directeur Santé au Département des Yvelines, lors d’un colloque où de nombreux professionnels (des structures départementales, de la communauté professionnelle territoriale de santé, des responsables enfance de communes yvelinoises, etc.) ont fait le déplacement, signe de la pertinence de ce champ d’action et de l’intérêt commun porté sur celui-ci.
Un projet, plusieurs volets
Dans le cadre de cette stratégie de lutte contre les addictions, le Département, via ses directions Santé et Enfance, mène différentes actions. Il y a eu un colloque le 16 mars, sur les usages des écrans chez les enfants, mais aussi des webinaires, des formations, des ateliers et des consultations avec des sage-femmes tabacologues qui ont permis aux professionnels de se former sur différentes thématiques liées aux addictions. Le projet s’appuie aussi sur des approches innovantes et créatives pour toucher les jeunes avec la réalisation de bandes dessinées par des adolescents confiés à l’Aide sociale à l’enfance. Par le dessin, ces séances pédagogiques et ludiques ont permis d’échanger sur les pratiques à risque à l’adolescence : cigarette, réseaux sociaux, racket, alcool, drogues, médicaments, conduites sexuelles à risque. Dans les semaines à venir, ce sont des séances dirigées par Mehdi Kerkouche, directeur du Centre chorégraphique national (CCN), qui permettront de parler des addictions par le biais de la danse.
Montée en compétence et en confiance
Au cours de la démarche, des questionnaires ont été transmis aux professionnels, notamment dans les PMI qui ont travaillé sur les écrans chez les jeunes. Les résultats sont éloquents et démontrent tout l’intérêt de ce projet puisque, entre les réponses données en amont, puis en aval des différentes actions, on constate une nette montée en compétence et en confiance des agents. Là où la majorité des participants se sentaient intéressés par le sujet mais ne se considéraient ni comme experts, ni en mesure d’agir, environ 85 % d’entre eux se sentent désormais en mesure d’agir. Les agents départementaux ont donc acquis de nouvelles connaissances et fait évoluer leurs pratiques. Résultat : des professionnels mieux formés, plus confiants, et mieux armés pour accompagner les usagers au quotidien.