Covid-19 : Le confinement exacerbe les violences conjugales

SandrineGAYET

Les associations yvelinoises qui accompagnent les femmes battues redoublent de vigilance. En effet, les mesures de confinement peuvent exacerber les violences conjugales, sexistes et sexuelles. C’est pour cela que tous les services nationaux et départementaux restent accessibles. Par téléphone.

Les violences conjugales sont en augmentation durant le confinement. Photo N.Duprey/CD78

Dans les crises majeures comme celle que nous vivons, le meilleur comme le pire s’expriment. Le meilleur s’illustre dans les élans de solidarité spontanés de la majorité de Français prêts à aider les plus vulnérables et à soutenir les professionnels en première ligne de cette guerre sanitaire. Le pire, ce sont des personnes qui profitent de la situation pour piller des stocks de masques ou de nourriture, fracassent des voitures pour voler les caducées des soignants, s’en prennent aux forces de l’ordre qui perturbent leurs trafics illicites…les faits divers sont pleins de tels actes.
Et puis il y a l’invisible dans le huis clos du confinement.

En quelques jours, il y a eu dans les Yvelines (Versailles, Achères, Limay, Port-Marly, Etang-la-Ville, Maurepas, Trappes…) plusieurs appels aux forces de l’ordre pour des violences conjugales dans des foyers qui n’avaient jusque alors jamais fait l’objet de signalements. « Dans ce contexte singulier, le système judiciaire maintient ses activités pour traiter rapidement toutes les affaires de violences conjugales », indique le parquet de Versailles.

Isabelle J.Griber, psychologue, constate une augmentation des appels depuis ce premier week-end de confinement :

Des femmes nous appellent car elles se sentent angoissées à l’idée de rester des heures dans un espace réduit avec mari et enfants. Elles n’évoquent pas d’agressions mais semblent anticiper ce risque. Certaines s’inquiètent de voir leur conjoint boire plus que de raison. D’autres nous parlent d’échanges verbaux plus agressifs qu’avant… Pour beaucoup de couples, le confinement est une nouvelle épreuve dont le meilleur peut sortir. Mais hélas aussi le pire. Nous restons très vigilants et relayons une écoute H-24″.

 

Marielle Savina, Déléguée départementale aux droits des femmes, coordonne la continuité des services avec les associations yvelinoises d’accompagnement des victimes. Si les accueils physiques ne sont plus possibles, les plateformes téléphoniques sont opérationnelles.

« Dans ce contexte très difficile qui peut exacerber les violences conjugales, sexistes et sexuelles, nous nous devons de continuer d’accompagner les victimes. C’est pourquoi j’ai diffusé auprès de tous les partenaires et communes des Yvelines, la liste des associations avec leurs nouveaux horaires », insiste Marielle Savina qui est à pied d’oeuvre.

Le 3919 en continu

Marlène Schiappa, la secrétaire d’État chargé de l’égalité a rappelé que la plateforme de signalement des violences, arretonslesviolences.gouv.fr, est accessible tous les jours, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
Le numéro 3919 « Violences femmes info » l’est également. Enfin, les victimes peuvent continuer à appeler le 17 en cas d’urgence pour permettre l’intervention de la police.

Les services disponibles dans les Yvelines 

L’ETINCELLE est joignable au numéro habituel : accueil et entretien téléphoniques 06 10 40 74 07 du lundi au vendredi de 9H30 à 16h30
WOMEN SAFE maintient ses permanences par téléphone du lundi au vendredi de 9h30 à 12h et de 14h à 16h au 01 39 10 85 35 ou par mail : accueil@women-safe.org
CIDFF 78 assure des permanences juridiques et psychologiques tous les matins de 9h à 12h30 et le mardi après–midi au 01 30 74 21 01
Le dispositif Téléphone Grand Danger est assuré en lien avec le parquet
En cas d’urgence : numéro de la directrice du CIDFF 78 : Anne–Laure CARRO 06 66 82 98 63
Association DIRE : l’activité est maintenue à distance
Permanences juridiques et psychologiques du lundi au vendredi de 9H30 à 13H et de 14h à 17H30 au 01 30 44 19 87 / 06 81 66 65 35
Association FRANCE VICTIMES 78 / SOS victimes 78
Permanences téléphoniques (juridiques et psychologiques) du lundi au vendredi de 9H30 à 12H 30 et de 14h à 17H30 au 01 30 21 51 89
– Le Bureau d’aide aux victimes est joignable par mail : bav.versailles@gmail.com

Le 115 est mobilisé, et en cas d’urgence des solutions de mise à l’abri sont apportées au cas par cas.