À Montigny, l’École 2600 forme les experts de la cybersécurité

SandrineGAYET

Cette école unique, installée à Montigny-le-Bretonneux, forme les experts de la sécurité des données, des systèmes et des réseaux. Les étudiants suivent un cursus de 3 ans en alternance. L’école a aussi créé un écosystème autour de la cybersécurité avec un réseau d’entreprises et de chercheurs et a lancé un incubateur de start-up spécialisées.

Ecole 2600 a ouvert en 2021 à Montigny-le-Bretonneux. Photo Nicolas Duprey/CD78

2600, un nombre fétiche pour les passionnés de cyber. L’Ecole 2600 a ouvert ses portes en 2021 avec une première promo d’une soixantaine d’élèves venus des quatre coins de France. Lors de sa visite cantonale du 6 mars 2023, Pierre Bédier, Président du Département a rencontré les étudiants et fondateurs de cette école unique, la première en France qui soit 100% dédiée à la cybersécurité.

« Nous recevons près d’un millier de candidatures, explique Axel Dreyfus un des cofondateurs. Nous faisons une sélection très poussée, sur leurs compétences, leurs techniques et bien sûr leur motivation ».
Les étudiants inscrits viennent d’écoles d’ingénieurs mais aussi de sciences-politique, sociologie, droit avec tout de même une bonne base scientifique.

« J’adore cette école, ça cogite bien, les projets sont de haut niveau et les challenges grisants », déclare une étudiante.

Valérie de Saint-Père, co-fondatrice de l’Ecole 2600. Photo Nicolas Duprey/CD78

Ici, les étudiants entament un cursus de trois ans en alternance avec un rythme de quinze jours à l’école et quatre semaines en entreprise. L’Ecole 2600 délivre un titre certifié RNCP de niveau 7 d’expert de la sécurité des données, des réseaux et des systèmes.

« Nous ne sommes pas une halte-garderie pour geeks à capuche »

sourit Valérie de Saint-Père, cofondatrice de l’école 2600.

« Que ce soit en entreprise, en groupe, en mode projet, « tout est fait pour créer une expérience qui pousse chacun à se dépasser, s’écouter, se respecter et porter collectivement certaines valeurs cardinales ».

Un écosystème « cyber »

L’Ecole s’appuie sur un écosystème d’entreprises partenaires et commence à incuber des « start-up » spécialisées.

« En face de nous, il y a des cyber-attaquants, multiples, issus de divers profils et métiers. Nous devons mettre en miroir, des experts, des cyber-défenseurs avec une éthique forte, l’envie de défendre et protéger les citoyens, les entreprises, les collectivités ».

L’enjeu de la cybersécurité est énorme surtout qu’il n’y a pas encore suffisamment d’experts, de cyber-défenseurs. Un métier en tension : 35 000 postes à pourvoir en France, 220 000 en Europe, 4 millions dans le monde…

« Le business du cybercrime génère plus d’argent que la drogue dans le monde », déclare Axel Dreyfus.

Fin 2023, l’Ecole 2600 va proposer de la formation continue pour que les experts de la cybersécurité puissent se former tout au long de leur vie professionnelle.

« Ici, nous n’avons que des passionnés. Il faut les former, les nourrir », concluent les deux dirigeants.

2600, pourquoi ce nombre ?

John Draper, connu également sous le nom Captain Crunch, est un pirate informatique américain. Son surnom provenait des boîtes de céréales Cap’n Crunch de la société Quaker Oats. Vers la fin des années 60, Quaker Oats offrait avec ses céréales un sifflet pour les enfants. Ce sifflet accordé sur une certaine note de musique permettait de reproduire la tonalité à 2600 Hz utilisée par la compagnie téléphonique Belle pour ses lignes longue distance. Le Captain Crunch réalisa qu’en utilisant cette fréquence, il pouvait passer gratuitement des appels longue distance. C’est ce que raconte la légende.