Le milieu rural fait face à de nouveaux changements dans les communes

NicolasThéodet

Être maire, c’est un combat de chaque instant. À Perdreauville, Pascal Poyer remplit cette fonction avec envie. Malgré tout, les changements de sa commune, cumulés à des moyens financiers de plus en plus drastiques, rendent sa fonction de plus en plus complexe. Ce qui ne l’empêche pas de toujours accompagner ses administrés.

C’est une des communes les plus vastes de tout le département des Yvelines. C’est aussi une des moins peuplées. Dans le nord du canton de Bonnières-sur-Seine, Perdreauville ressemble à un havre de paix à seulement quelques encablures de l’agglomération mantaise. Étalée sur près de 14 km2, le village se compose de 45km de voirie communale. Elle réunit les hameaux qui forment aujourd’hui l’ensemble de la commune. Naturellement, la mobilité est un des enjeux de la mairie qui, depuis plusieurs mandats, veille à améliorer la qualité des routes. Mais le besoin de mobilité va au-delà des limites de la ville.

Nouvelle population, nouvelles attentes

Victime il y a quelques années de son vieillissement, aujourd’hui la commune se rajeunit progressivement. Une trentaine de pavillons sont en construction. Des vieilles demeures sont rachetées par des foyers composés d‘employés qui doivent rejoindre leur lieu de travail tous les matins. L’arrivée du RER E à Mantes-la-Jolie est donc une bonne nouvelle pour la commune.

« Il y a la question de comment desservir les gares ? On fait comment pour y arriver. Aujourd’hui on prend sa voiture, mais demain ? Il va falloir avoir cette réflexion », explique le maire, Pascal Poyer.

Un transport en commun pourrait-il être la solution ? Le maillage de transport en commun marque actuellement une cassure à la sortie de Magnanville. « Je ne suis même pas sûr que le Syndicat des Transports d’Ile-de-France (STIF) nous connaisse », ironise l’élu. La seule solution pour désenclaver Perdreauville reste donc la route. Mais cela nécessite des aménagements. Le pôle gare de Mantes-la-Jolie répond à ce besoin d’un côté. Mais dans la campagne mantaise, la question de la voirie demeure une préoccupation majeure. « Comment on s’occupe de 45km de voirie ? On n’y arrive pas », s’amuse le maire. Pointant tout de même les engagements de sa commune via le département et de la communauté urbaine sur ce volet.

Entretenir la voirie est une des difficultés majeures de la commune qui pourtant n’a plus la compétence. © Mairie de Perdreauville

Des économies jusqu’à l’os

Mais à l’image de nombreuses communes, les moyens sont de plus en plus faibles. « Comme tout bon gestionnaire, nous avons réalisé des économies de fonctionnement », explique l’édile. Mais à force d’économies forcées, la mairie a perdu un emploi. « C’est dramatique », confie le maire, « nous n’avons pas remplacé un départ à la retraite. Aujourd’hui, notre économie tient sur un fil ». En cause, des aides de l’État qui disparaissent. Un sentiment d’abandon qui rend de plus en plus difficile la fonction d’un maire en milieu rural.

« Ce que j’explique à mes nouveaux conseillers municipaux, c’est que sans le Département, nous sommes morts. C’est la seule solution. Les contrats ruraux, le triennal de voirie… toutes ces aides sont vitales pour nous », confie Pascal Poyer.

Récemment, ces aides ont permis de refaire une partie de la voirie, de moderniser la salle polyvalente, de réaménager l’école. « Imaginez, dans l’école nous avions des toilettes qui dataient des années 50. Avec les contrats ruraux, nous avons tout refait en conservant à notre charge, les 30% légaux du financement du projet », détaille le maire.

La mairie de Perdreauville, aux centre du village. © CD78 / N.Duprey

Maire, une fonction unique

Il a d’ailleurs le sentiment que la strate communale est en train de disparaître. En milieu rural, les maires sont nombreux à jeter l’éponge. Mais pour Pascal Poyer, l’image qu’il se fait d’un maire dépasse toutes les galères du quotidien. « C’est le pied. C’est donner du bonheur aux gens par exemple lors de leur mariage et les accompagner dans les moindres instants de leur vie. Malgré tout, je ressens que les gens gardent un réel respect pour la fonction et l’écharpe », conclut-il.