Maximilien Luce : la douceur des bords de Seine

ChloëBringuier

Né le 13 mars 1858, Maximilien Luce est un nom connu des amateurs du néo-impressionnisme. Le peintre-graveur a vécu une vie faite de rencontres et d’apprentissages constants. Largement exposé au musée de l’Hôtel-Dieu à Mantes-la-Jolie, retour sur la vie d’un libertaire qui a su apprécier et retranscrire la douceur des bords de Seine. 

Maximilien Luce, « Rolleboise, la baignade dans le petit bras », 1920 – Musée de l’Hôtel-Dieu.

Maximilien Luce, naît le 13 mars 1858 à Paris dans un milieu modeste. Manifestant très tôt un goût prononcé pour le dessin, il suit des cours du soir et reçoit

Maximilien Luce, « Une rue de Paris en mai « , 1871 – Musée d’Orsay

l’enseignement de Jules-Ernest Panis, ami de Corot. À 14 ans, le jeune Maximilien commence un apprentissage de graveur sur bois dans les ateliers de Hildebrand. Ouvrier-graveur 4 ans plus tard, à 18 ans, il entre dans l’atelier d’Eugène Froment où il fait la connaissance de Léon Gausson et de Cavallo-Peduzzi, ces derniers l’initiant aux recherches et à la technique de Seurat ainsi qu’aux nouvelles techniques de la peinture optique. Luce fréquente alors l’Académie Suisse et l’atelier de Carolus Duran au sein duquel il est admis.

De hasards en rencontres

En 1887, lors de son premier envoi au Salon des Indépendants, Maximilien Luce est remarqué par Pissarro. Il rencontre Seurat, Angrand, Cross et Signac. Désormais il adopte la méthode des « pointillistes » et prendra une part constante aux expositions de ce groupe, alors d’avant-garde.

Proche du monde ouvrier qu’il défendra et exaltera sa vie durant en collaborant à de multiples publications anarchistes, telles « Le Père peinard » ou « La Révolte », Luce est impliqué en 1984 dans le « Procès des Trente », ce qui lui vaut un séjour en prison.

Tandis que les expositions à succès s’enchaînent dans les plus prestigieuses  galeries parisiennes telles Durand-Ruel, Bernheim ou Druet, Luce fait la connaissance d’Alfred Veillet par l’intermédiaire du couple Agutte Sembat lors du Salon des Indépendants de 1905.

Abandonnant peu à peu le pointillisme, Luce peint avec un art qui lui est propre. Témoin du siège de Paris et de l’agonie de la Commune, il est particulièrement marqué par la Grande Guerre, en restitue avec émotion des scènes déchirantes aux abords de la gare de l’Est, où défilent, pêle-mêle, encore meurtris, des traumatismes des combats, permissionnaires et blessés, femmes et enfants dans l’attente.

Vous êtes donc peintre n’est-ce-pas, et bien, peignez sans autre arrière pensée,

Foutez-vous donc de ce que l’on expose, faites ce que vous avez dans le ventre, sortez-le, Tout bêtement, je suis persuadé que vous ferez de belles choses.

Lettre de Maximilien Luce à Henri-Edmont Cross, 1895

La douceur yvelinoise 

Maximilien Luce, « Paysage près de Méréville », 1905 – Collection privée.

À partir de 1917, Luce découvre Rolleboise, lors de fréquents séjours chez son ami, Veillet. Ce dernier le convainc d’y acquérir une maison, ce qu’il fait en 1920.

De facture plus libre et plus aisée, l’oeuvre de Maximilien Luce se décline au plus près des variations changeantes de la nature, imprégnée des charmes des boucles de la Seine dans de subtiles esquisses prises « sur le motif », scènes de genre ou portraits délicats et harmonieux. Maximilien Luce demeurera fidèle à Rolleboise, où il est inhumé en 1941.

Depuis le mois de janvier 2019 et après des mois de travaux, le musée de l’Hôtel-Dieu à Mantes-la-Jolie a rouvert ses portes. Ce musée a toujours disposé d’une collection d’oeuvres de Maximilien Luce, mais dorénavant plusieurs salles sont consacrées à son travail. Le peintre de paysages témoignants de la douceur de vivre du mantois, s’offre donc une vie éternelle à travers ce musée à la scénographie ambitieuse.