Le dispositif d’accompagnement global, multiplicateur de chances de (re)trouver un emploi

Marie SMOOT-CHATRAS

Autre approche personnalisée du parcours vers l’emploi, le dispositif d’accompagnement global, créé en 2015, est basé sur un partenariat inédit entre le Pôle Emploi et le Département des Yvelines (via l’agence interdépartementale pour l’insertion, ActivitY’). Que propose t-il ? Quelles sont ses particularités ? Explications.  L’accompagnement dit « global » d’une durée de 12 mois (6 mois renouvelables […]

Cet article fait partie du dossier: Le mois de l’insertion dans les Yvelines

Autre approche personnalisée du parcours vers l’emploi, le dispositif d’accompagnement global, créé en 2015, est basé sur un partenariat inédit entre le Pôle Emploi et le Département des Yvelines (via l’agence interdépartementale pour l’insertion, ActivitY’). Que propose t-il ? Quelles sont ses particularités ? Explications. 

Le dispositif d’accompagnement global, multiplicateur de chances de (re)trouver un emploi © CD78 / N.Duprey

L’accompagnement dit « global » d’une durée de 12 mois (6 mois renouvelables une fois) est à destination des bénéficiaires du RSA, des minimas sociaux, chômeurs rencontrant des problèmes sociaux et professionnels. Avec 70 % des personnes suivies et sorties du dispositif qui ont repris une activité sur le Secteur d’Action Sociale de Rambouillet, on peut dire que le dispositif est une réussite. Florence, travailleur social dit « ACCO GLO » (accompagnement global) nous raconte ses missions.

Trouver un métier qui a du sens

Avant de devenir travailleur social ACCO GLO, Florence a eu plusieurs casquettes : photographe freelance, professionnelle du tourisme puis bénévole à la Croix-Rouge, elle a subitement eu envie de se tourner vers un métier davantage axé vers l’humain, un métier avec du sens.

Décidée à changer de cap, la voici de nouveau sur les bancs de l’école à l’IFSY (Institut de formation sociale des Yvelines) pour devenir assistante sociale en 2009. Un an après, elle intègre la fonction publique et débute dans le domaine de la protection de l’enfance. Peu de temps après, elle découvre l’insertion et comprend que ce sera dans ce domaine qu’elle s’épanouira.

Dans un premier temps, elle occupe un poste de travailleur social dit polyvalent. En janvier 2018, elle intègre le dispositif ACCO GLO (Accompagnement Global) à Rambouillet.

Ecouter, analyser et accompagner

La particularité de ce dispositif ? Miser sur la force et les ressources du Département des Yvelines et du Pôle Emploi pour proposer aux usagers un accompagnement en binôme complémentaire, pluridisciplinaire et efficace.

À destination des personnes qui rencontrent des difficultés à la fois sur le plan social et professionnel, le travailleur social ACCO GLO va chercher à trouver les leviers pour lever les freins sociaux à l’emploi alors que l’interlocuteur du Pôle emploi, va se concentrer davantage sur la partie « emploi ».

Le premier travail à faire nous confie Florence, c’est celui sur l’estime de soi.

« La plus grosse problématique des personnes qui arrivent dans le dispositif, c’est le manque d’estime de soi. Mon travail est justement de progressivement les aider à reprendre confiance en eux pour qu’ils puissent se rendre compte de leurs qualités et leur permettre de se projeter dans un futur professionnel ».

« Je crois dur comme fer en l’insertion par l’emploi. Le monde du travail est une des clés d’intégration des personnes en difficultés, ça permet de les rendre autonomes financièrement, de disposer d’un salaire qu’elles ont gagné grâce à leurs efforts, c’est leur montrer qu’elles peuvent s’en sortir ».

Le dispositif d’accompagnement global, multiplicateur de chances de (re)trouver un emploi © CD78 / N.Duprey

Un accompagnement longue durée et personnalisé

Comment commence l’accompagnement ? Un diagnostic commun est établi par le binôme Pôle Emploi/ Département des Yvelines. De là, sont déterminés les différents jalons à mettre en place pour lever les freins à l’emploi.

« Le travail collaboratif est très bénéfique, il permet d’avoir un regard croisé pluridisciplinaire sur les situations, d’avoir une analyse plus fine et de proposer un accompagnement renforcé  pour l’usager de par le fait que nous sommes deux professionnels à le suivre. »

« Ce sont souvent des problèmes sous-jacents et qui n’ont rien à voir avec les compétences professionnelles des usagers qu’il convient de régler avant de pouvoir prétendre à un emploi. Il peut en effet y avoir des problèmes de santé, des problèmes d’addictions, de fracture numérique ou encore de mobilité. Dès que nous avons, d’une part, identifié avec l’usager ce qui le bloque et, d’autre part, procédé à l’ouverture de ses droits, nous mettons ensemble en place un plan d’actions dans lequel je vais orienter l’usager vers notre réseau partenarial privilégié composé d’interlocuteurs spécialisés : partenaires dans la mobilité comme WIMOOV, partenaires médico-sociaux dans le cas où l’usager aurait besoin de soins ou d’une prise en charge particulière avec la MDPH par exemple ; il y a aussi les partenaires du secteur de l’emploi qui proposent du coaching emploi sur une semaine, des associations dans l’insertion qui permettent de découvrir des formations et des métiers, nous proposons aussi d’aller à la cité des métiers… Le but est de mettre l’usager en mouvement. »

Redonner confiance pour accélérer le retour en activité

Quand cela est nécessaire, le binôme travaille le projet de formation dans les secteurs qui recrutent pour favoriser un retour en activité efficace et durable.

Elle se souvient d’un usager d’une quarantaine d’années, sans emploi depuis environ 4 ans. Il était hébergé ici et là, séparé et sans contact avec sa fille, il avait perdu confiance en lui et avait honte de revoir sa fille dans ces conditions. Résilié, il ne la voyait plus.

« Nous avons eu un gros travail de revalorisation de l’estime de soi en plus des démarches administratives classiques d’ouverture des droits », nous confie Florence.

« Il fallait être dans l’écoute, la bienveillance pour que l’usager reprenne confiance en lui. Un jour, nous lui proposons de suivre une formation de magasinier avec l’AFPA qu’il accepte. Le jour de la formation, il m’appelle, il était dans le doute de ne pas y arriver. Le simple fait de lui dire que je croyais en lui l’a reboosté, il a pleuré dans un premier temps, puis m’a remercié et décidé, s’est rendu à la formation. Depuis, il a décroché un emploi de magasinier. »

C’est un métier qui est très enrichissant explique Florence :

« Améliorer les conditions de vie d’une personne a des répercussions positives à titre personnel mais aussi social. Notre intervention permet d’éviter à une situation qu’elle se dégrade. On limite les répercussions sociales et donc les répercussions sociétales. »

Parallèlement à la levée des freins sociaux et médico-sociaux, Pôle Emploi amorce les premières démarches vers l’emploi afin de s’assurer que l’usager dispose des bons outils pour décrocher un emploi. Dès que l’usager décroche un emploi, l’accompagnement cesse au bout d’un mois dans l’emploi.

Envie d’en apprendre plus sur nos missions ? RDV chaque vendredi du mois d’octobre sur yvelines-infos.fr/mois-insertion/


Un projet cofinancé par l’Europe

Ce projet est cofinancé depuis le début, soit 2015, par le Fonds social européen (FSE) dans le cadre du programme opérationnel national « Emploi et Inclusion » 2014-2020.

Ce financement a permis au Département des Yvelines d’être le premier à mettre en place des binômes Département/Pôle emploi, occasionnant ainsi d’aussi bons résultats sur le retour à l’emploi. (48 % pour la période 2018-2020).

Depuis 2015, le Conseil départemental a perçu plus de 4 M€ du FSE (4 164 074,84€) en finançant 50% des dépenses du projet.

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