Depuis 2008, des jeunes Yvelinois et Yvelinoises sortis du système professionnel ou universitaire profitent de l’aide de la Maison de l’Europe des Yvelines – Centre Europe Direct pour partir en stage à l’étranger. Trois mois formateurs qui leur permettent de repartir sur de nouvelles bases.
Ils s’appellent Hicham, Léakim, Lily, Elisabeth ou encore Mazid. Chacun a son propre parcours mais tous ont en commun d’avoir franchi les portes de la Maison de l’Europe des Yvelines – Centre Europe Direct basée à Saint-Germain-en-Laye. Dans les locaux de cette association soutenue par le Département des Yvelines, c’est auprès d’agents engagés qu’ils ont décidé de reprendre les choses en mains grâce au programme Mouv’in Europe.
(Re)Trouver sa voie
Dans le cadre du programme Erasmus+, Mouv’in Europe est proposé à des jeunes de 18 à 30 ans en situation de réorientation professionnelle ou universitaire ayant la volonté de rebondir. En y prenant part, ils se voient proposés des mobilités sous forme de stages professionnels au sein de l’Union Européenne. Au total, ils sont plus de 300 à avoir profité de ce tremplin pour l’avenir en partant à Berlin, Dublin ou Malaga, les trois destinations proposées. Ces villes ne sont pas choisies au hasard, au contraire. La Maison de l’Europe des Yvelines – Centre Europe Direct a réussi à y tisser des liens solides avec des familles d’accueil et des entreprises qui reçoivent les stagiaires dans les meilleures conditions.
Un stage à l’étranger basé sur la construction d’un projet cohérent
Pour que cette mobilité, accessible aux personnes en situation de handicap, soit la plus pertinente possible, les jeunes en partance bénéficient d’une formation de deux mois durant lesquels ils s’informent sur leur futur lieu de vie, et perfectionnent leur CV et lettre de motivation.
Après la théorie, place au voyage et à la découverte d’un nouveau monde. « À Berlin, Dublin ou Malaga, les stagiaires partent pour 13 semaines. Nous avons réduit le nombre de destinations possibles pour privilégier la qualité de l’accueil sur place. Le réseau d’entreprises partenaires que nous avons développé permet des stages variés dans la vente, la restauration ou la micro-informatique par exemple », explique Marie-Raphaëlle Minier, coordinatrice du programme Erasmus + à la Maison de l’Europe des Yvelines – Centre Europe Direct. « Des comités de pilotage ont lieu régulièrement avec ces partenaires afin d’assurer la sélection, le suivi et l’accompagnement des participants qui bénéficient d’un accompagnement personnalisé pour construire un projet cohérent. Pour cela, nous pouvons compter sur le soutien de conseillers insertion du Conseil Départemental des Yvelines », ajoute Stéphanie Thieyre, conseillère départementale et vice-présidente de la Maison de l’Europe des Yvelines – Centre Europe Contact.
Le Département des Yvelines en soutien
Ces trois mois à l’étranger n’ont rien de vacances improvisées. Les jeunes mènent un vrai projet professionnel et personnel qui leur permet d’obtenir un soutien financier de 500 € par mois (les stages ne sont pas rémunérés) de la part du Département. « Afin que l’opportunité que représente Mouv’in Europe soit à la portée de tous, et que la motivation et les qualités individuelles soient les seuls critères de sélection, le Département attribue cette bourse à chaque participant qui peut en faire usage comme il le veut », indique Pauline Forest-Colombel, chargée de mission fonds européens au Département des Yvelines. « Cette expérience enrichissante est le meilleur moyen de remobiliser ces jeunes et cela semble plutôt bien fonctionner puisque le taux d’emploi à l’issue de la mobilité est de 41 % tout en sachant qu’ils sont également nombreux à reprendre leurs études », conclut Marie-Raphaëlle Minier.
Discussion avec Léakim Badet-Machet, stagiaire à Dublin en 2025
Comment avez-vous entendu parler de Mouv’in Europe ?
C’était vers la fin de l’année 2024 par le biais de ma conseillère d’insertion. Elle m’a parlé du programme et de ses avantages. J’ai directement été intéressée !
Quelle était votre situation à ce moment-là ?
Je me suis déscolarisée en classe de première. J’ai travaillé un petit peu mais cela ne donnait pas grand-chose. J’étais donc sans activité mais motivée pour aller de l’avant.
Comment s’est passée cette expérience ?
J’ai choisi de partir à Dublin puisque j’avais des bases en anglais. Sur place, j’ai travaillé dans un hôtel en tant que réceptionniste. Les trois mois ont été parfaits. Je me suis sentie très à l’aise avec ma famille d’accueil. Sur le plan professionnel, tout s’est bien passé. J’avais un peu d’appréhension mais nous sommes bien encadrés par nos référents avec qui on peut échanger.
Qu’avez-vous appris sur vous-même à Dublin ?
Les conditions ont fait que j’ai rapidement pris confiance en moi. J’ai également gagné en autonomie car le fait de se retrouver dans un nouveau milieu pousse à explorer l’inconnu.
Professionnellement, j’ai pu développer mes compétences linguistiques. J’ai pu aussi découvrir le côté administratif et informatique de l’hôtellerie. Tout a été extrêmement enrichissant.
Le soutien financier fourni par le Département vous a-t-il aidé ?
Oui ! Quand on est jeune et sans emploi, on n’a pas forcément un gros budget. Heureusement, nous ne payons pas de loyer car nous sommes en famille d’accueil. Nos billets pour le voyage sont également pris en charge. Cet argent permet de profiter à 100 % de notre séjour en allant visiter le pays.
Où en êtes-vous aujourd’hui ?
Ce séjour m’a permis de prendre du recul. J’ai pu côtoyer des jeunes qui étaient pour la plupart étudiants. Cela m’a donné envie de reprendre mes études. Aujourd’hui je suis en quête du baccalauréat au Lycée de la Nouvelle Chance à Cergy-Pontoise. Une fois cette étape franchie, j’aimerais me tourner vers des études de sciences politiques.

