Bénévoles au cœur vert, les éco-gardes mettent leur dévouement au service de la communauté en protégeant la richesse du patrimoine naturel yvelinois. Par le biais d’une convention conclue avec le Département, les éco-gardes viennent en appui du travail menés par les agents de la collectivité et œuvrent à leurs côtés pour préserver les Espaces Naturels Sensibles (ENS). Sur le terrain, vous pourrez les croiser lors de leurs tournées dans les différents secteurs boisés du territoire.

Les éco-gardes sont équipés de moyens techniques leur permettant de réaliser des opérations du tronçonnage sur des arbres barrant un chemin ou menaçant de tomber. ©CD78
La canicule semble avoir pris des vacances depuis quelques jours mais les stigmates de la sécheresse sont visibles à l’œil nu. Autour de Manuel et Fabien, deux éco-gardes, la forêt départementale des Flambertins offre un décor typique d’un été trop sec, tout en nuances de marron. Les feuilles mortes que les chênes, châtaigniers, frênes ou autres merisiers ont volontairement fait tomber faute de sève et d’énergie pour les alimenter crissent sous les pneus des VTT. La baisse des températures et les quelques précipitations des derniers jours ont mis fin aux vigilances incendie et canicule mais la situation est loin d’être rétablie. Le niveau des mares que l’on retrouve dans ce secteur en atteste. Ces bénévoles ont également l’œil sur les arbres environnants. Après le court mais intense épisode orageux du 27 juin dernier, les forêts sont truffées de troncs en équilibre précaire. Éric et Thierry, leurs compères de l’antenne Yvelines Nord, sont justement en mission de tronçonnage pour rétablir un cheminement barré par deux arbres brisés par le vent. « Nous appuyons le travail des agents du Département par nos tournées de surveillance et pouvons également intervenir ponctuellement en cas d’urgence pour sécuriser un site. Ces situations ont été plus fréquentes à la suite de ce coup de vent qui a touché les Yvelines fin juin. Du reste, nous faisons de la prévention auprès des usagers, notamment sur les risques de départ de feu en période estivale et de la veille en étant en contact avec les administrations locales (communes, agglomérations, Département) », note Manuel, qui comme ses collègues éco-gardes, dédie bénévolement une grande partie de ses week-ends à cette fonction, et ce tout au long de l’année.
Surveillance et lien avec les autorités
Comme à l’accoutumée, les deux hommes réalisent à vélo des tournées dans les différents ENS du Département. Aux aguets, ils balaient du regard les alentours à la recherche du moindre accroc. Il ne tardera d’ailleurs pas à venir. À peine quelques mètres ont été parcourus qu’ils constatent la destruction d’une barrière d’accès à la forêt. Après avoir photographié l’incident, c’est sans étonnement qu’ils constatent un vol de bois quelques mètres plus loin. Le rapport qu’ils effectueront comme à l’issue de chaque tournée permettra de faire remonter l’information aux autorités compétentes qui décideront des actions à mettre en place par la suite. Un peu plus loin, le crottin laissé par un cheval témoigne d’une autre infraction sur un chemin interdit aux cavaliers. Les deux hommes prennent note.
Entretenir la richesse de nos forêts

Les éco-gardes font un rapport systématique après chaque tournée. Les dégradations constatées sont ainsi remontées auprès des autorités. ©CD78
La ronde se poursuit. À proximité d’une mare, le panneau rappelant l’interdiction de pêcher, usé par le temps, est tombé au sol. Toujours équipés, les éco-gardes sortent vis et tournevis pour remettre le panneau en place. Plus loin, la rencontre avec un promeneur et son chien est l’occasion de rappeler quelques règles d’usage. « Dans les ENS, les chiens doivent rester sur les chemins. Du 15 avril au 30 juin, ils doivent obligatoirement être tenus en laisse pour protéger la faune pendant la période de reproduction. Le reste du temps, ils peuvent gambader sur les chemins à condition de rester sous la surveillance de leur maître et d’obéir au rappel », explique Manuel avec pédagogie, le meilleur atout de ces bénévoles qui ne détiennent pas le pouvoir de police (certains d’entre eux sont assermentés auprès de la police forestière).
Des bénévoles engagés pour leur territoire
Si l’on prend le temps de bien les observer, les ENS sont de véritables zones de vie animale. « Les gerris, communément appelés araignées d’eau, sont les témoins de la bonne santé d’un point d’eau. Cela tombe bien, il y en a beaucoup dans le coin », souligne Fabien, pour l’heure seul « agent de métier » puisqu’il est salarié de la commune de Beynes avec qui le dispositif Éco-gardes a signé une convention (c’est aussi le cas avec Aubergenville, Flins-sur-Seine, les communes de l’agglomération Gally Mauldre et le Département des Yvelines). Un peu plus loin, dans le bois d’Abbécourt (commune d’Orgeval), une blaireautière témoigne de la vivacité de l’écosystème local. « Il y a quelques années, nous avions installé une caméra à proximité de l’étang voisin. Nous avions pu constater que toutes les espèces susceptibles de vivre dans ce milieu étaient bel et bien présentes », se réjouit Manuel dont les années de terrain, les formations et une passion pour la nature font de lui un éco-garde alerte et compétent, à l’instar des membres du dispositif répartis sur deux antennes (à Mareil-sur-Mauldre au nord et aux Bréviaires au sud).
Ce jour-là, une vingtaine de kilomètres aura été parcourue par le duo qui aura pleinement joué son rôle de protection de l’environnement et de sensibilisation du public. Un travail de longue haleine qui porte ses fruits. « Notre présence régulière a un impact sur les actions des usagers. L’exemple le plus parlant est celui des dépôts sauvages dont le nombre diminue d’année en année », se réjouissent les éco-gardes yvelinois qui, en cet été historiquement chaud, n’ont pas encore déploré d’incendie. En attendant leur prochaine sortie, ils se tiennent prêts à accueillir de nouveaux bénévoles. N’hésitez pas à les contacter via leur site internet ou par mail (78ecogarde@gmail.com).
Des actions tout au long de l’année

Grâce à une convention avec le Département, le champ d’action des éco-gardes s’étend sur une grande partie des ENS yvelinois. ©CD78
Aujourd’hui, les éco-gardes contribuent activement à la préservation des espaces naturels yvelinois dont 72 % des Espaces Naturels Sensibles (ENS) appartenant au Département. Présents sur le terrain, ils assurent des missions de surveillance, de prévention et de sensibilisation auprès du public, tout en signalant les atteintes et les évolutions observées dans les milieux naturels. En soutenant cette action, le Département s’appuie sur un réseau de bénévoles engagés pour renforcer la protection de son patrimoine naturel et ainsi contribuer à la valorisation de son territoire si riche, entre ville et campagne.
En 2025, les éco-gardes ont notamment :
- Réalisé 631 sorties sur le terrain
- Procédé à l’enlèvement de 2 580 litres de déchets
- Réalisé 570 opérations de dégagement de branches au sol et 94 coupes d’arbres
- Porté assistance à 7 personnes
- Signalé 14 dépôts sauvages
Découvrez leur site internet.