Âgisme : le Département tord le cou aux stéréotypes

Sandrine GAYET

Le Département, accompagné par la CNAV et le Réseau Francophone des « Villes Amies des Aînés »*, mène une expérimentation avec six villes yvelinoises. Objectif : élaborer une politique globale à destination de tous les seniors. Une dynamique est enclenchée.

Cet article fait partie du dossier: Bien vieillir dans les Yvelines

Le Département, accompagné par la CNAV (assurance vieillesse) et le Réseau Francophone des « Villes Amies des Aînés », mène une expérimentation avec six villes yvelinoises. Objectif : élaborer une politique globale à destination de tous les seniors. Une dynamique est enclenchée.

Dans les communes pilotes (Maule, Condé-sur-Vesgre, Mantes-la-Jolie, Poissy, Auffargis et Saint-Germain-en-Laye), une dynamique est enclenchée. Elus, associations de seniors, professionnels de l’accompagnement social, de l’habitat, de l’urbanisme, du transport ou encore des loisirs, se réunissent régulièrement pour réfléchir et bâtir ensemble une cité plus inclusive.

La démarche de Villes Amies des Aînés favorise l’engagement citoyen des seniors car elle leur donne la parole sur les sujets qui les concernent directement

explique Myriam Lebas, chargée de mission au Département. Avec Mickaël Le Bihanic, ils animent les ateliers collaboratifs et accompagnent pas à pas les communes engagées dans une véritable politique globale pour les aînés.

Une démarche qui interpelle les élus

Cette démarche permet également aux élus d’aller vers les citoyens et de collaborer avec l’ensemble des acteurs concernés en amont des projets.

« La méthodologie proposée contribue à faire évoluer la vision des services seniors, à construire une politique locale ambitieuse et dynamique et à terme, rendre les territoires plus attractifs pour tous ! », précisent Myriam Lebas et Mickaël Le Bihanic.

Atelier collaboratif à Saint-Germain-en-Laye, qui expérimente la démarche Ville amie des aînés. Photo SG/CD78

Ecouter les seniors, entendre leurs besoins

Parmi les seniors participants aux travaux, il y a Fabien, 70 ans. Electricien à la retraite, il siège au comité consultatif de l’association Carte Royale de Saint-Germain-en-Laye. Il est content que la voix des seniors soit prise en compte, notamment dans les ateliers collaboratifs conduits par le Département.

Quand on arrive à mon âge, on constate des petites choses à améliorer. Les toilettes publiques par exemple, c’est un vrai problème. Les immeubles anciens aussi, ne sont pas toujours bien adaptés pour les personnes âgées. Il y a aussi des zones mal desservies par les transports en commun

« Mais quand même, on vieillit très bien à Saint-Germain« , conclut-il.

A bas les stéréotypes !

Lutter contre l’âgisme, c’est aussi tordre le cou aux stéréotypes. Et ils sont nombreux ! Il est encore trop courant d’entendre que le vieillissement « c’est la vie en gris », « c’est invalidant », « les vieux ça coûte cher à la société », « les vieux creusent le déficit de la Sécurité sociale »….

Un témoignage (recueilli par l’association de prévoyance Anpere. ) assez parlant de Marcelle, 92 ans qui se retrouve souvent dans des situations où elle se sent « invisible », voire méprisée.

«Une secrétaire, très gentille, nous accueille pour constituer mon dossier. Elle ne s’adresse qu’à ma nièce pour recueillir les données qui me concernent. Ma nièce donne les informations. Au bout d’un moment, un peu agacée qu’elle ne s’adresse pas à moi, je réponds moi-même à l’une de ses questions.

Avec un sourire radieux, la secrétaire déclare, toujours à l’intention de ma nièce :

« Oh la coquine,  mais c’est qu’elle comprend tout ! »…

La retraite, un cap qui fragilise…

Le passage à la retraite c’est l’entrée dans une nouvelle vie. « En fonction des personnes, de leur parcours, de la manière dont elles s’y sont préparées, il peut être vécu différemment. Il y a la retraite loisirs durant laquelle on fait des voyages, la retraite repos, la retraite bénévole

On le sait cependant, le nombre de contacts sociaux diminue avec l’âge : les contacts de travail en premier lieu, puis les contacts amicaux et les contacts familiaux

analyse Guillaume Moissé, chargé d’animation de territoires au Réseau Francophone des Villes amies des aînés.

…D’où l’importance d’inclure les seniors dans la vie de la cité

Lutter contre l’âgisme qui discrimine les personnes âgées, ça passe par une politique globale ambitieuse qui n’exclut pas les uns au profit des autres. C’est revenir à des valeurs simples mais un peu oubliées comme le respect mutuel entre les générations. « C’est un critère essentiel pour permettre à tous de vivre et vieillir ensemble dans de bonnes conditions.

Cela englobe la lutte contre les discriminations liées à l’âge, la mise en œuvre d’actions intergénérationnelles ou encore la lutte contre l’isolement non choisi des aînés. L’objectif d’une politique pour les aînés, est de leur permettre de trouver une place qui leur convient dans la société, sans qu’ils se sentent exclus ou seuls »,

conclut Guillaume Moissé.

Si vous souhaitez contacter les acteurs de la démarche « politique globale vers les aînés » au sein du Département, une adresse : vada78@yvelines.fr