Le plan du Département pour accélérer la rénovation urbaine

BenoitDesavoye

Le Conseil départemental consacre une enveloppe de 30 M€ pour enclencher les grandes opérations de rénovation urbaine sur son territoire sans attendre les financements de l’ANRU, l’agence de rénovation urbaine de l’État, dont les processus sont jugés trop longs. La délibération a été adoptée lors de la séance du vendredi 22 décembre.

rénovation urbaine

Le Département veut accélérer le processus de rénovation urbaine en le faisant converger avec l’insertion professionnelle et la réussite éducative. Photo : CD78/N.Duprey.

Après avoir consacré 86 M€ à la rénovation urbaine entre 2001 et 2014, le Conseil départemental a voté vendredi 22 décembre, lors de la dernière séance de l’assemblée de l’année 2017, un « plan d’amorce » doté d’une autorisation de programme de 30 M€. Il vise à lancer dès aujourd’hui les projets qui sont prêts à entrer en phase opérationnelle mais qui attendent encore le soutien de l’ANRU, l’agence de rénovation urbaine de l’État.

Une intervention massive et globale

Les élus départementaux déplorent la timidité de l’État. Ils jugent les moyens mis en œuvre trop « modestes » et regrettent « la distension des calendriers » et la lourdeur des processus qui embarrassent les communes concernées par le programme, par ailleurs prêtes à s’engager dans des projets conséquents, de signer des conventions opérationnelles « envisagées au mieux pour fin 2018 ».

Le « plan d’amorce » des Yvelines doit permettre de passer de la phase projets à la phase travaux immédiatement. Cette « intervention urgente, massive, globale et cohérente à l’échelle d’un territoire » doit faire levier pour produire rapidement des résultats tangibles dans tous les quartiers prioritaires de la Politique de la Ville.

Le plan s’appuie aussi sur des outils comme l’appel à projet Prior’Yvelines (lancé en 2015 et doté de 100 M€) et son volet « rénovation urbaine » qui accompagne les opérations de désenclavement et de restructuration du parc social et des équipements publics. Mais il vise également des opérations non éligibles au programme de l’ANRU, et va même au-delà du simple objectif de restauration de l’attractivité des territoires concernés. Le Département va faire converger son soutien à la rénovation urbaine avec ses actions d’insertion, d’action sociale, de prévention et d’éducation – et notamment dans les collèges. Il entend enfin accompagner les choix stratégiques des principaux bailleurs sociaux, à commencer par le principal : Les Résidences Yvelines Essonne.

 

 

 

LE BAILLEUR SOCIAL S’INQUIÈTE DE LA BAISSE DES APL

Le principal bailleur social du territoire, Les Résidences Yvelines Essonne, redoute « les conséquences de l’annonce du Gouvernement de réduire fortement l’APL (Aide Personnalisée au Logement) et d’en faire supporter le coût aux bailleurs sociaux. »

Dans un courrier adressé au Président du Conseil départemental, Pierre Bédier, celui des Résidences Yvelines Essonne, Raphaël Cognet, estime que cette décision risque de « contraindre, voire d’annihiler, les investissements » du bailleur, notamment la rénovation urbaine et de « se répercuter sur les locataires, et notamment les plus démunis ». Une baisse de 5€ par mois et par loyer de l’APL équivaut, pour le bailleur Les Résidences (28 000 locataires dont 12 000 bénéficiaires de l’APL), à l’équivalent de 200 logements non rénovés par an.