Pierre Bédier : « L’Etat nous ment »

Cyril Morteveille

Dans une interview accordée au Figaro, le Président du Conseil départemental estime que le système social français est à bout de souffle.

2 avril 2015 Bédier président

Pierre Bédier, Président du Conseil départemental.

Pour Pierre Bédier, les baisses drastiques des dotations de l’Etat ajoutées à l’explosion des dépenses sociales mettent en péril les Départements français, proches de l’asphyxie budgétaire. Extraits de l’interview du Président du Conseil départemental accordée au Figaro, vendredi 18 mars.

Quelles sont les difficultés majeures auxquelles vous êtes confronté ?

Nous affrontons une baisse de 90 % de la dotation, la plus forte de tous les Départements. Nous sommes passés de 145 M€ à 13 M€. Parallèlement, nous observons une explosion des dépenses sociales. Cela représente une hausse de 38 M€ en quatre ans.

Comment parvenez-vous à assumer la charge du RSA ?

Notre Département disposait d’un matelas mais il ne l’a plus. Et il est contraint d’augmenter ses impôts. Un pari que nous faisons parce qu’ils étaient bas, en passant la taxe foncière de 7,58 % à 12,58 %.

Appréhendez-vous un coût politique ?

Forcément. Mais la situation traduit surtout l’épuisement d’un modèle. C’est l’implosion du système social français. Le Département étant la collectivité sociale par excellence, il se retrouve en première ligne dans la crise. Pour tenir, nous faisons le choix, dans les Yvelines, d’augmenter la fiscalité pour maintenir le niveau de nos investissements. Mais si l’Etat continue son délire, la prochaine étape nous obligera à les supprimer Nous investissons en moyenne 500 M€, cela représente environ 10 000 emplois. Je vous laisse imaginer les conséquences en cas de baisse forcée de nos investissements.

Qu’attendez-vous de l’Etat ?

Qu’il compense à l’euro près. Ce sont ses décisions. Il doit les payer. Mais je n’y crois pas parce que l’Etat nous ment.