Comment lutter contre la maltraitance des seniors ?

Sophie Berguin

Le 15 juin déclaré Journée mondiale de sensibilisation à la maltraitance des personnes âgées, a été créée en 2010 par l’ONU, pour prévenir et lutter contre toutes les formes de violences qui touchent les personnes âgées. Et pour cause…

Comme le rappelait Ban Ki-moon, l’ancien Secrétaire général des Nations unies, à l’occasion de Journée de sensibilisation à la maltraitance des personnes âgées 2015 « La maltraitance des personnes âgées, ce crime odieux, survient souvent dans le secret des espaces privés, ce qui rend encore plus nécessaire sa dénonciation publique dans les termes les plus forts. Nous devons faire preuve d’encore davantage de résolution pour régler ce problème dans le cadre des efforts plus larges que nous déployons pour que tous puissent vivre dans la dignité. »

En même temps, l’Organisation Mondiale de la Santé estime que 1 personne âgée sur 10 est confrontée chaque mois à la maltraitance. Ce chiffre alarmant n’est pourtant qu’une estimation : seulement 1 cas de maltraitance sur 24 est dénoncé par les victimes. Les personnes âgées craignent souvent de signaler les cas de mauvais traitements à la famille, aux amis, ou aux autorités. Abus financiers, violences psychologiques, négligences, violences physiques ou sexuelles, les risques sont nombreux et les conséquences aussi. Dépression, angoisses, ou encore traumatismes physiques, les maltraitances faites aux personnes âgées peuvent avoir de graves effets. Selon l’OMS, une étude de suivi sur 13 ans montre que les victimes de maltraitance ont un risque de mourir deux fois plus élevé que les autres.

Quels sont les facteurs de risque ?

15 juin, Journée de sensibilisation à la maltraitance des personnes âgéesIl existe plusieurs facteurs de risque qui peuvent vous inciter à être vigilants : une mauvaise santé physique et mentale de la victime et les troubles mentaux, l’abus d’alcool ou d’autres substances addictives, la cohabitation avec la famille, l’isolement des personnes chargées des soins ou encore l’absence de ressources pour payer les soins… Dans les institutions, le risque de maltraitance existe aussi, notamment en l’absence de moyens humains ou financiers. La Croix-Rouge a d’ailleurs créé en 2012 une équipe mobile qui organise des maraudes dans les établissements qui accueillent des personnes âgées pour lutter contre les situations de maltraitance et inciter les équipes à rompre le silence.

La prévention est d’autant plus importante que l’OMS considère qu’à l’échelle mondiale, le nombre de cas de maltraitance des personnes âgées risque de s’accroître, compte tenu du vieillissement rapide de la population dans de nombreux pays et de l’impossibilité de répondre à leurs besoins du fait des contraintes budgétaires. Ainsi, d’ici à 2055, le nombre des plus de 60 ans dans le monde devrait au moins doubler, passant de 900 millions en 2015 à quelque 2 milliards.

Comment agir ?

Depuis 11 ans, le Conseil départemental et l’association gérontologique des Yvelines (AGY) ont mis en place un service d’écoute, de conseil et d’accompagnement afin de prévenir et de lutter contre toutes les formes de maltraitance (physique, psychique, financière..) et de négligences envers les seniors ou les personnes en situation de handicap.

Que les mauvais traitements soient avérés ou qu’il s’agisse d’un simple doute, le plus important est de rompre le silence. « Maltraitance Adultes Vulnérables MAV 78 » invite les victimes potentielles ou leur entourage à appeler le 01 39 55 58 21 (coût d’un appel fixe), du lundi au vendredi, de 9h30 à 12h30. Chaque personne en difficulté trouvera écoute et dialogue, avec la possibilité de rester anonyme.

Vous subissez, vous voyez, vous doutez … appelez le 01 39 55 58 21, un professionnel est à votre écoute.