Le service aux personnes âgées, aux enfants et aux personnes handicapées : un vivier pour l’insertion professionnelle des bénéficiaires du RSA

BenoitDesavoye


Répondre aux besoins croissants des métiers d’aide à la personne et atteindre les objectifs d’insertion professionnelle des bénéficiaires du RSA sont deux priorités du Département des Yvelines. Le Conseil général les lie dans « un cercle vertueux de l’action sociale » pour en faire un enjeu de développement économique local.

A Magnanville, l’EHPAD Léopold Bellan emploie 25 personnes (10% de son effectif) en contrats aidés. Formés, suivis et qualifiés au sein de l’EHPAD, ces salariés y sont parfois embauchés durablement, comme 9 d’entre eux depuis 2006, dans des secteurs d’activités très variés (lire ci-dessous). Pour le Président du Conseil général des Yvelines, Alain Schmitz, qui a visité l’établissement lundi 21 février, ce dispositif est exemplaire à la fois pour répondre aux besoins des résidents de l’EHPAD et pour favoriser l’insertion professionnelle des bénéficiaires du RSA (Revenu de Solidarité Active).

Dans les Yvelines, où le taux de chômage est le moins important d’Ile-de-France (6,7 %), on compte 21 549 bénéficiaires du RSA. En consacrant 89,5 M€ à l’action sociale (+ 25,9 % par rapport à 2010), dont 3 M€ au dispositif de contrats aidés, le Conseil général investit massivement pour lutter contre les difficultés sociales et économiques des Yvelinois les plus démunis. Il mobilise ses services et ses partenaires pour assurer le retour à l’autonomie financière des bénéficiaires du RSA, en sécurisant leurs parcours, et en prospectant les entreprises.

Parallèlement, dans les domaines de l’aide sociale et de la dépendance – qui entrent dans le champ des compétences du Département – des besoins en emplois se font sentir. Avec le vieillissement de la population, ils vont même devenir de plus en plus pressants. Pour le Conseil général, l’action sociale, la dépendance et le handicap ne doivent pas être perçus sous l’angle de la charge financière mais comme de véritables enjeux de développement économique territoriaux.

D’ailleurs, selon les chiffres de l’Observatoire national de l’action sociale décentralisée, 1 € euro versé pour l’APA (Aide aux Personnes Agées) génère 1,5 € d’emplois. Dans le domaine de la protection de l’enfance aussi, les besoins existent. Ils sont liés à une tradition yvelinoise d’accueil des enfants en difficulté.

Cette volonté départementale d’investir le champ médico-social pour l’insertion des bénéficiaires du RSA est inscrite dans le volet insertion du 3e schéma d’organisation sociale et médico-sociale. En lien avec la plateforme de services AMADOM et le Centre d’Initiative des Métiers d’Aide à la Personne (CIMAP), le Conseil général veut positionner les bénéficiaires du RSA sur des emplois durables en permettant une formation qualifiante ou diplômante pendant la durée de leur contrat. Par ailleurs, une clause de recrutement de bénéficiaires du RSA sera intégrée au stade de la programmation de nouveaux établissements pour Personnes Agées et Personnes Handicapées (on compte 4 020 places en établissements d’accueil des personnes handicapées dans les Yvelines).

« Le cercle vertueux de l’action sociale » du Département des Yvelines permettra ainsi d’utiliser le vivier de salariés potentiels que constituent les bénéficiaires du RSA pour renforcer les actions de protection de l’enfance, de traitement de la dépendance et du handicap, que ce soit en faveur du maintien à domicile ou des services rendus en établissements.

Le dispositif de l’EHPAD Léopold Bellan de Magnanville inspire le Département

Futur gestionnaire de l’EHPAD qui ouvrira à Mantes-la-Jolie en septembre 2011 (82 lits et 15 places d’accueil de jour), la Fondation Léopold Bellan dispose d’une capacité d’accueil de 324 lits à l’EHPAD de Magnanville, et de 102 lits à l’EHPAD de Septeuil.

Actuellement, 10% de l’effectif de l’EHPAD de Magnanville (25 personnes) est constitué par des personnes en contrats aidés. Ces personnes interviennent en majorité (23 Contrat Unique d’Insertion) dans la section « soins », mais également au niveau du secrétariat de Direction (1 CUI) et dans la manutention (1 CUI). Un système d’accompagnement et de tutorat des salariés en contrat aidé a été mis en place. Pour les postes de soins, les salariés travaillent d’abord avec des aides soignantes avant de prendre en charge quatre résidants. Deux aides soignantes interviennent également en tant que formatrices et un tuteur est désigné pour chaque personne.

Pour les postes d’agent hôtelier/manutentionnaire, les personnes sont encadrées par les autres salariés. Des formations sont mises en place tout au long du contrat : formation d’une heure par semaine sur les besoins des personnes âgées dispensée par une aide soignante, et sur la manutention. Un partenariat va être mis en place en 2011 avec le FLES (Fonds Local Emploi Solidarité) des Yvelines pour proposer davantage de formations aux salariés en contrats aidés.

Le suivi des salariés est très régulier et permet de réajuster le dispositif de formation qui lui est proposé voire de réfléchir aux perspectives d’embauche au sein de l’EHPAD. Ainsi, depuis 2006, 9 salariés issus du dispositif « contrats aidés » ont été embauchés par l’EHPAD dans des secteurs d’activité variés : aide médico-psychologique, aide soignant, brancardier, animateur, ouvrier polyvalent, vaguemestre, manutentionnaire.

Le Département des Yvelines souhaite étendre ce dispositif à l’ensemble des établissements yvelinois. Sur le territoire, le nombre de places en EHPAD existantes en 2011 s’élève à 9 780. Et le besoin en accompagnants va en s’accroissant.

Quelques chiffres

21 549 bénéficiaires du RSA au 31/12/2010 dans les Yvelines, dont 19 504 en RSA socle, 1 893 en RSA socle+activités et 152 en activité pure. On note une surreprésentation de personnes âgées de 25 à 34 ans et une forte concentration géographique dans l’Ouest du département.
6,7 % : le taux de chômage dans les Yvelines, contre 8,2 % en Ile-de-France et 9,3 % en France métropolitaine (INSEE, 3e trimestre 2010).
+ 43,5 %, soit 4 600 personnes âgées en plus d’ici 2020 (Etudes INSEE Ile-de-France 2009). L’estimation de l’INSEE prévoit pour les Yvelines la plus forte hausse de personnes dépendantes, 20 points supérieurs à la progression moyenne en Ile-de-France (+24,5 %). Le vieillissement de la population va profondément changer l’économie et la structure de l’économie résidentielle dans les yvelines. Un important besoin en matière d’emplois liés à l’écosystème de la dépendance se fera donc, de plus en plus, sentir. D’ici 2020, on estime ce besoin à :

  • 18 000 à 28 500 emplois en institutions
  • 19 400 emplois à domicile

En lien avec l’Etat, le Département a mis en place un dispositif de contrats aidés. Il a permis de conclure en 2010 : 147 Contrats Initiative Emploi (CIE, secteur marchand) et 278 Contrats d’Accompagnement dans l’Emploi (CAE, secteur non marchand). En 2011, le Département prévoit la signature de 400 CIE et 400 CAE.