Le coup de gueule des Yvelinois face au départ de l’Inria

CyrilMorteveille

L’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria) a décidé de déménager son unité de recherche, jusqu’ici installée à Rocquencourt, à Paris avant la fin de l’année. Une décision « inacceptable » selon Pierre Bédier, le Président du Conseil départemental.

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François de Mazières (à g.) et Pierre Bédier n’acceptent pas de n’avoir pas été consultés à propos du départ de l’Inria de Rocquencourt.

« Incompréhensible », « scandaleuse », « inacceptable », « méprisante ». Les adjectifs fusent pour commenter l’annonce de l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria) de quitter les Yvelines et Rocquencourt pour rejoindre Paris d’ici à la fin de l’année.

Vendredi 16 octobre, Pierre Bédier, Président du Conseil départemental, et François de Mazières, député-maire de Versailles et président de la Communauté d’agglomération Versailles Grand Parc, ont fustigé cette décision lors d’une conférence de presse.

« Nous n’acceptons pas la manière dont ce départ se produit, a regretté ce dernier. Aucun des élus locaux n’a été consulté ni même mis au courant ; ni le maire de Rocquencourt, ni les représentants de l’agglomération VGP ou du Département, ni même le Préfet des Yvelines. C’est un mépris profond des élus locaux et de la démocratie en général. »

Et Pierre Bédier d’embrayer :

Ce départ marque la négation de 50 ans d’aménagement du territoire où l’on nous a expliqué qu’il fallait installer les grandes entreprises publiques en Ile-de-France. Si l’unité de recherche de l’Inria quitte Rocquencourt, c’est tout le projet du Plateau de Saclay qui est mort et enterré. « 

 

Installée à Rocquencourt depuis 1967 et propriétaire d’un terrain de 12 ha, l’Inria a récemment émis le souhait, via son directeur général Antoine Petit, de rejoindre Paris pour s’installer dans le XIIe arrondissement, à Daumesnil, sur un terrain de 10 000 m2 en location.

L’Inria, institut national de recherche dédié au numérique, promeut  l’excellence scientifique au service du transfert technologique et de la société. Il emploie 2700 collaborateurs à travers la France issus des meilleures universités mondiales, dont 400 chercheurs à Rocquencourt.

Il devait être l’un des acteurs majeurs de l’Institut VeDeCoM sur le plateau de Satory.

« En 2009, le Département avait proposé à l’Etat 15 M€ pour rénover l’unité de recherche et offrir de meilleures conditions de travail. Mais L’Inria avait à l’époque bloqué les négociations. Cet épisode montre une fois de plus l’incapacité de l’Etat à gérer ses troupes et à asseoir son autorité », conclut Pierre Bédier.

Les deux élus ont envoyé un courrier signé au Premier ministre, Manuel Valls, pour lui faire part de leur désaccord.

La colère de Pierre Bédier sur Yvelines Première (à partir de 2’11 ») :