Gaëlle Monteiller, directrice de l’usine PSA Poissy : « La stratégie du groupe offre des perspectives »

LudovicVincent

Retrouvez ci-dessous la version intégrale de l’entretien avec la directrice de l’usine PSA Poissy, Gaëlle Monteiller, paru dans le numéro 5 du magazine Yvelines.

Gaëlle Monteiller, directrice de l'usine PSA Poissy

Gaëlle Monteiller est la seule femme en Europe à la tête d’une usine du groupe PSA Peugeot-Citroën.

Comment se porte l’activité de votre usine ?
Nous avons deux lignes de production à Poissy. Sur la première, on trouve la 208 qui est le 2e véhicule le plus vendu en Europe en octobre malgré la morosité du marché. C’est un produit phare de la gamme Peugeot qui succède, dans l’esprit, à la 205, le « sacré numéro » des années 1980/90. Elle a été lancée début 2012 et il lui a donc fallu quelques mois pour atteindre son plein potentiel de vente mais la cadence, qui était de 1000 véhicules par jour fin juillet, augmente au fur et à mesure.
Sur notre deuxième ligne de production, la C3 et la DS3 ont succédé à la 1007. A noter que la DS3, qui est vendue dans le monde entier et notamment en Chine et au Brésil, est produite exclusivement à Poissy. La version Cabrio est prévue pour 2013, ce qui réjouira les fans-clubs de la DS3.

Depuis la fin de l’année 2012, une équipe de nuit  a été supprimée. Pourquoi ?
Si elle remporte un grand succès commercial il n’en demeure pas moins que la 208 souffre de la baisse des marchés. Le ralentissement de la demande des clients nous a conduit à arrêter l’équipe de nuit. Depuis la rentrée de septembre, les équipes qui travaillent sur 208 avaient connu de nombreuses séances non travaillées.
S’il n’est pas attendu de reprise des marchés européens en 2013, l’activité 208 à Poissy sera soutenue par le lancement des deux versions haut de gamme, la 208 GTi et l’urbaine chic 208 XY. Actuellement en projet, ces deux versions sont prévues au 1er trimestre 2013.
Au global en 2012, Poissy a produit 264 000 véhicules, environ 40 000 de moins que les volumes prévus, mais bien loin du creux connu en 2009 où nous n’avions produit que 176 000 véhicules.

« Il faut se battre pour être concurrentiel en Europe »

L’arrêt de la production du site d’Aulnay-sous-Bois est-il, paradoxalement, une bonne nouvelle pour Poissy ?
Nous sommes confrontés à une crise qui touche toute l’Europe. Le groupe PSA a lancé un grand plan de performance destiné à maintenir l’activité en Europe et particulièrement en France. L’outil industriel doit s’adapter et ça passe par une réduction des capacités de production. Aulnay-sous-Bois cessera la production de véhicules en 2014. Poissy, qui deviendra la seule usine du Groupe à produire en France des véhicules du segment B, accueillera pour ce faire environ 1500 salariés d’Aulnay.
Mais nous devons absolument améliorer notre niveau de performance industrielle. Il faut se battre pour être concurrentiel en Europe.

Concrètement, que devez-vous changer pour atteindre cet objectif ?
Rechercher à tout prix la performance. L’usine de Poissy a la particularité d’être très ouverte à la diversité. C’est ce qui nous permet d’absorber de nombreux lancements de véhicules, de produire des véhicules qui nécessitent une expertise spécifique comme la DS3 et de réaliser quantités de véhicules particuliers (auto-école, directions à droite…). Cette agilité, qui est une fierté, engendre également des perturbations sur les lignes qui pénalisent notre performance.
La recherche de la performance passe par l’amélioration constante du progrès dans l’ergonomie des postes de travail pour faciliter la tâche de l’opérateur et améliorer la qualité, par la mutualisation des fonctions qui peuvent l’être, par la réduction des rebuts, par la réduction des boucles logistiques avec nos fournisseurs… Et bien sûr, nous cherchons à optimiser notre consommation d’énergie pour limiter l’impact sur l’environnement.

Quel regard portez-vous sur les projets locaux comme la construction de logements à Carrières-sous-Poissy, le bouclage de l’A104 ou le pont d’Achères ?
Il y a 7000 salariés à l’usine de Poissy (et 3000 salariés au pôle tertiare, n.d.l.r.). 60% d’entre eux vivent dans les Yvelines.
Nous regardons bien sûr avec attention les projets locaux, et notamment les projets d’infrastructures. Tout ce qui peut permettre de faciliter les échanges, de fluidifier les flux d’approvisionnement et les flux de personnes est de nature à contribuer au développement économique de notre territoire. Le site de Poissy a besoin d’un environnement favorable pour son développement.

En parlant d’avenir, vous l’imaginez comment le véhicule du futur ?
Ce ne sera pas seulement une voiture, mais une offre de mobilité, surtout en région urbaine. Grande à l’intérieur, petite à l’extérieure, utile, intelligente et belle comme une DS. Elle consommera peu d’énergie mais elle sera capable de répondre aux besoins d’une famille. Je crois beaucoup au véhicule hybride et pas seulement par corporatisme. Le véhicule tout électrique est sans doute une solution pour les déplacements de 50 km sur une journée mais on ne part pas en vacances avec. Le groupe PSA mise énormément sur l’hybride diesel qui présente beaucoup d’avantages pour une famille et le rapport consommation d’énergie / économie.