Une infirmière des Yvelines face au Covid-19

Si vous aimez les jolies images et les paysages yvelinois, peut-être aurez-vous déjà pu admirer les photos de Marie sur Instagram. Pourtant, Marie n’est ni blogueuse, ni guide touristique et encore moins photographe professionnelle. Elle est infirmière à l’Hôpital de la Porte Verte de Versailles et depuis plusieurs semaines, elle doit faire face au Covid-19.

Marie et ses collègues de l’Hôpital de la Porte Verte (Marie est au centre, en arrière plan, elle porte des lunettes et une charlotte) © Marie Boucard

Lorsqu’on rencontre Marie, on remarque tout de suite son enthousiasme, son dynamisme et sa gentillesse. Passionnée par la photographie cette yvelinoise connaît le parc et les jardins du château de Versailles comme sa poche tant elle a l’habitude de les arpenter munie de son appareil photo. C’est d’ailleurs grâce à ses clichés qu’elle a été repérée par « Yvelines Tourisme ».

« Pour moi, ces excursions sont vitales car elles me permettent de me défouler. Avec le métier que je fais, c’est important de se ressourcer », explique-t-elle.

« Par la fenêtre » © Instagram / Marie Boucard (@marie_boucard)

Photographier pour mieux témoigner

Malheureusement, depuis le début du confinement, Marie a dû faire une croix sur ses excursions royales. Elle n’a pas rangé son réflex pour autant et elle continue d’immortaliser de temps en temps l’environnement qui l’entoure.

Dernièrement, c’est la vue depuis la fenêtre de sa chambre qu’elle a photographiée sous toutes les coutures. Marie a contracté le Covid-19 fin mars. C’était « presque » un passage obligé puisque de nombreux patients de l’Hôpital de la Porte Verte l’ont attrapé. Dans cet établissement spécialisé dans la prise en charge de personnes âgées, Marie et ses collègues ont subi de plein fouet les conséquences de l’épidémie de coronavirus. Avec le recul, Marie relativise : « j’ai une bonne forme physique et je suis très active donc j’ai eu beaucoup de chance » reconnaît celle qui a dû adopter des mesures drastiques à domicile pour ne pas risquer de contaminer sa famille.

« J’ai fait chambre à part, je mangeais à 2 mètres de mon mari et de mes enfants. J’avais même des toilettes et un lavabo séparés ! »

Contaminée mais pas les bras croisés

Mais Marie ne se plaint pas. Ce n’est pas dans sa nature. Elle a eu la chance de ne pas être hospitalisée contrairement à l’une de ses collègues… Marie aura eu, elle, l’opportunité de pouvoir passer son arrêt maladie dans le confort et le réconfort de son foyer.

Et si vous pensez qu’elle a profité de sa convalescence pour se reposer et rattraper son retard sur les séries à la mode, ça serait bien mal connaître cette hyperactive. Elle a mis ses talents de couturière au profit de ses collègues toujours sur le terrain.

« J’ai confectionné quelques charlottes pour le service car elles viendront bientôt à manquer ».

L’Hôpital de la Porte Verte au petit matin © Instagram / Marie Boucard (@marie_boucard)

Oui, on vous le dit, rien n’arrête Marie !

Pallier au rythme à 100 à l’heure avec bonne humeur

Depuis, notre sympathique infirmière a repris le chemin de l’hôpital (qu’elle ne manque d’ailleurs pas d’immortaliser aux premières lueurs du jour).

« Étonnamment, je suis contente de reprendre. Il y a une excellente ambiance entre les soignants et une entraide incroyable. C’est nécessaire et appréciable dans ce contexte ».

Quand ce n’est pas la solidarité entre le personnel qui prime, Marie et ses collègues peuvent compter sur la mobilisation des habitants et des associations locales. « Une association est venue nous déposer des gâteaux et des cakes salés, c’était super sympa ! »

Malgré ces pauses gourmandes bien méritées, Marie est éreintée par le rythme effréné de ses journées. « À mon retour à la Porte Verte, j’ai commencé par un « 2x12h » et passer de 500 pas par jour à 14.000 d’un coup c’est assez épuisant » admet-elle.

Et quand elle rentre chez elle, chaque geste compte ! Douche systématique puis désinfection de celle-ci : tout est calculé et millimétré depuis plus d’un mois. Tout est scrupuleusement nettoyé avant la prochaine garde.

« La semaine prochaine je vais enchaîner 5x12h alors je profite un maximum des moments à la maison ».

Marie à l’Hôpital de la Porte Verte © Marie Boucard

Son seul regret ? Devoir éviter tout contact physique avec ses enfants. « Tant-pis, nuance-t-elle. Je me rattraperai en bisous quand tout ça sera derrière nous. Mes enfants ont intérêt à courir vite ! »

Donnons, recyclons, protégeons !

Vous avez envie d’aider Marie et ses collègues ou même d’autres hôpitaux des Yvelines ? Et si vous donniez vos draps au mouvement « Over the blues» né à Versailles ? Grâce aux dons, des équipes de couturières acharnées confectionnent des sur-blouses réutilisables pour les soignants. Trouvez l’antenne locale près de chez vous grâce à leur carte interactive. Vous pouvez aussi les fabriquer chez vous grâce aux explications d’Aude de Montille, co-fondatrice du mouvement.