Gaël Faye, l’écrivain rappeur

LudovicVincent

Révélation littéraire de l’année 2016 pour son premier roman « Petit Pays », le franco-rwandais Gaël Faye est aussi un rappeur, auteur-compositeur, qui a passé son adolescence dans les Yvelines, entre Versailles et Saint-Quentin-en-Yvelines.

GAEL FAYE / Crédit Chris Schwagga

Gaël Faye est devenu rappeur dans les Yvelines. Photo : Chris Schwagga.

En tournée depuis la sortie de Rythmes et Botaniques, Gaël Faye est passé par Mantes-la-Jolie au mois d’avril. Dans le hall du CAC Georges-Brassens, l’artiste attend la livraison d’un piano pour poursuivre la répétition. Une lectrice de « Petit Pays » vient demander un autographe, une autre cherche des places pour le concert du soir, qui affiche complet.
C’est la rançon du succès. Les prix remportés l’an dernier pour son premier roman sont passés par là.

Atelier de rap à Voisins-le-Bretonneux

L’évocation romanesque de son enfance au Burundi, marquée par la guerre civile au Rwanda et le génocide des Tutsi, a marqué l’année littéraire 2016. Mais c’est en tant que musicien, rappeur, auteur, compositeur et interprète que Gaël Faye tourne en France et ailleurs cette année. Et le rap, il l’a découvert dans les Yvelines, à l’adolescence.

J’ai commencé à écrire à l’âge de 11 ou 12 ans au Burundi, confie-t-il. Au lycée Jules-Ferry, à Versailles, j’avais un copain qui dansait dans une maison de quartier à Voisins-le-Bretonneux. J’y suis allé et il y avait un atelier de rap. C’est comme ça que j’ai transformé mes écrits, qui étaient plutôt de la poésie au départ. »

L’aventure musicale est lancée entre Versailles et Saint-Quentin-en-Yvelines. « Ah ! Le RER C, c’est toute ma jeunesse ! » rigole Gaël Faye. Il a presque quitté son air timide. Il raconte son premier groupe, vainqueur d’un tremplin au Scarabée, à La Verrière.

C’est une période qui a beaucoup compté. On avait même trouvé un producteur, à Trappes, et enregistré des mix-tapes, des compilations. Après, je suis parti à Londres… »

Les auteurs africains à Saint-Quentin

De ses années yvelinoises, Gaël Faye a retenu autre chose que le choc de son arrivée en provenance du Burundi. « La ville, les gens, les saisons… Tout changeait. L’adaptation, le racisme, l’anonymat aussi. C’est une particularité des grandes villes, on peut rapidement être anonyme.»  Il se souvient d’une prof de français du collège Raymond-Poincaré, en classe de 3e. « J’ai gardé mes dissertations de l’époque à cause de ses commentaires personnels qui m’ont permis de prendre confiance en moi et en mon écriture. »

Et puis il y a la bibliothèque de Saint-Quentin-en-Yvelines et son rayon littérature africaine et antillaise. « J’y ai découvert les grands auteurs qui m’ont marqué : René Depestre, Aimé Césaire… Comme je n’avais pas d’argent, j’y étais toujours fourré. »La sortie de Petit Pays a ravivé les contacts de son adolescence. « Je n’ai pas encore pris le temps de répondre à tout le monde », regrette l’écrivain qui est parti vivre au Rwanda depuis deux ans.
Le poète est pourtant prolixe. Il annonce déjà la sortie d’un nouvel album l’an prochain.

J’ai peur de ne pas dire tout ce que j’ai envie de dire, de créer, à temps. Écrire, ça me rassure. »

Gaël Faye en 5 dates

  • 1982 – Naissance au Burundi, d’un père français et d’une mère rwandaise.
  • 1995 – Après le déclenchement de la guerre civile au Rwanda, sa famille s’installe à Versailles.
  • 2008 – Après des études de finances, et deux années à Londres il revient en France pour se consacrer à la musique et à l’écriture.
  • 2013 – Premier album solo, « Pili-pili sur un croissant au beurre », sur le label Motown France.
  • 2016 – « Petit Pays », son premier roman, est publié chez Grasset. Il remporte, entre autres, le Prix roman Fnac et le Goncourt des lycéens.

Rendez-vous aux Francofolies

En tournée jusqu’à la fin du mois de juillet, Gaël Faye est annoncé au Festival des Francofolies de la Rochelle le 14 juillet. Pour suivre toute l’actualité de l’artiste, rendez-vous sur www.gaelfaye.com