Zones humides : le Département des Yvelines agit pour leur protection

SandrineGAYET

Les mares et les étangs abritent des écosystèmes uniques mais fragiles. C’est pourquoi le Département des Yvelines mène une politique volontariste de préservation des zones humides dans ses Espaces Naturels Sensibles (ENS). Depuis 2022, il a ainsi créé ou restauré une quarantaine de mares sur les 140 recensées. Des zones humides plus grandes comme celles de Vaubersan  (Bullion) et de la Poussarderie (Clairefontaine-en-Yvelines), menacées d’enfrichement, ont également été sauvées et revitalisées.

Etang de Vaubersan ©S. Gayet/CD78

Le 2 février est la journée mondiale des zones humides. Pour préserver ces biotopes fragiles, le Département des Yvelines agit.

« La politique des Espaces Naturels Sensibles, même dans un contexte budgétaire délicat, reste notre priorité car elle est indispensable», déclare Pierre Bédier, président du Département.

Un riche microcosme  

Autour des mares et des prairies humides, tout un monde bruisse et clapote. Dans les Yvelines, il y a encore peu, ces points d’eau étaient à peine visibles, ensevelis sous des broussailles, colonisés par des ronces.

Six mares ont été aménagées sur le site de la Poussarderie. ©CD78

Six mares ont été aménagées sur le site de la Poussarderie. ©CD78

Maintenant, les mares sont remises en lumière avec toutefois des coins ombragés. Les plantes s’épanouissent selon l’humidité et la profondeur du site : iris jaunes, roseaux, nénuphars, renoncules, myriophylles… et aujourd’hui, la faune revient aussi : grenouilles, crapauds, salamandres, tritons crêté, tritons palmés, coléoptères aquatiques, crustacés et des oiseaux dont certains migrateurs, qui font une pause.

Dans ces écosystèmes, tout interagit. Les espèces y sont interdépendantes : Le héron se nourrit des grenouilles qui consomment les insectes autour et dans la mare qui eux-mêmes se nourrissent de plantes aquatiques et de têtards….

Etang de Vaubersan. ©S.Gayet/CD78

 L’étang de Vaubersan à Bullion, poursuit sa mue

Sur la commune de Bullion se dévoile un coin ravissant, bucolique, que peu d’Yvelinois connaissent hormis peut-être les pêcheurs de brochets et de sandres : l’étang de Vaubersan. Le Département, propriétaire de cet Espace Naturel Sensible (ENS) a rénové le site pour offrir aux promeneurs un très bel écrin écologique. Ici, la faune et la flore sont exceptionnelles. On y trouve notamment 28 espèces de libellules, dont 3 protégées au niveau régional.

Une autre partie du site va elle aussi être valorisée, en collaboration notamment avec des étudiants de l’Institut Supérieur de l’Environnement (ISE) dans le cadre d’un projet tutoré, encadré par Aurélien Perrier, technicien écologue au Département. Parmi leurs objectifs figurent la participation à un plan d’actions pour la valorisation et la gestion des roselières, partie non encore ouverte au public.

Avant/après la première phase d’aménagement : une nouvelle phase de travaux écologiques va être réalisée.

Réalisations sur Vaubersan :

  • Zone humide de 11 hectares connectée à l’ENS de l’étang de Vaubersan sur la commune de Bullion
  • 3,5 hectares de roselières restaurées
  • 6 nouvelles mares
  • Reconnexion hydraulique avec les sources situées en amont
  • 650 mètres de cheminements, dont 150 mètres de platelage bois
  • 3 passerelles
  • 1 promontoire d’observation

Valorisation de la Poussarderie à Clairefontaine 

C’est la dernière zone humide sauvée de l’enfrichement par le Département. Après une opération de restauration écologique et d’aménagement, ce superbe Espace Naturel Sensible revit et enchante les promeneurs.

Panneau pédagogique à la Poussarderie ©M.SIMON /CD78

La Poussarderie faisait partie, au XIXe siècle, des grandes prairies humides et pâturées de la vallée de la Rablette. La présence des vaches maintenait le milieu en prairie humide mais le déclin de l’activité agricole a conduit à l’abandon du site et donc à son enfrichement. Aujourd’hui des vaches y pâturent à nouveau.

« Sans intervention humaine, ce site se serait peu à peu transformé en une forêt marécageuse faisant disparaître prairie et roselière, milieux rares fragiles et réservoirs de biodiversité. En agissant, nous avons permis le maintien d’habitats indispensables à la survie d’espèces animales et végétales protégées », conclut Anne-France Bourgeois de la direction de l’Environnement au Département des Yvelines.