Feux tricolores dans les Yvelines : entre imprévus et gestion intelligente pour la fluidité des déplacements

PierreSARNIGUET

Chaque jour, des milliers d’automobilistes, de cyclistes et de piétons circulent sur les routes des Yvelines. Derrière ce ballet quotidien rempli d’imprévus, se cache une gestion coordonnée des feux tricolores, pensée pour faciliter les déplacements, améliorer la sécurité et limiter les nuisances.

Les mairies gèrent les feux tricolores présents sur leur périmètre. De son côté, le Département s’occupe des feux situés hors agglomération et également de ceux implantés sur certains grands axes dits d’intérêt départemental ©Istock

Les mairies gèrent les feux tricolores présents sur leur périmètre. De son côté, le Département s’occupe des feux situés hors agglomération et également de ceux implantés sur certains grands axes dits d’intérêt départemental ©Istock

Une compétence partagée

Le saviez-vous ? La gestion des feux tricolores repose tout d’abord sur une compétence collective. En milieu urbain, le pouvoir de police de la circulation incombe aux mairies qui gèrent les feux tricolores présents sur leur périmètre. De son côté, le Département s’occupe des feux situés hors agglomération et également de ceux implantés sur certains grands axes dits d’intérêt départemental (ceux sur l’axe Sèvres-Versailles par exemple).

Dans ce contexte, le SMO Seine Yvelines Voirie (SYV) joue un rôle essentiel en assurant la gestion complète (matériel et programmation) de 50 carrefours, et le suivi de programmation de plus de 350 carrefours urbains dans les Yvelines, dont le matériel reste entretenu par les communes. Au total, ce sont plusieurs milliers de feux qui sont répartis sur le territoire, nécessitant une coordination à la fois locale et globale.

Des feux connectés et intelligents

Chaque feu tricolore est équipé d’une armoire intégrant un système informatique, lequel peut être amené à faire l’objet d’un raccordement à un réseau centralisé afin d’en optimiser la gestion.

L’objectif principal est clair : maitriser les temps de déplacement en tenant compte des flux réels de circulation. En Île-de-France, ces flux sont fortement marqués par des mouvements pendulaires (heures de pointe du matin et du soir). Les feux sont donc programmés selon différents cycles (heures de pointe, heures creuses) afin de garantir une circulation la plus fluide possible tout en sachant qu’un imprévu (accident, chantier, incident technique…) peut intervenir à chaque instant. L’objectif est que le système soit capable de s’adapter pour limiter les effets de ces perturbations.

Quand la technologie fait gagner du temps lors des perturbations

Prenons un exemple : un accident survient sur un axe très fréquenté. Sans adaptation des feux, les bouchons s’accumulent rapidement et les temps de trajet explosent. Grâce à une régulation intelligente des feux, en amont et en aval de la zone impactée, la perte de temps peut être réduite de manière significative. Au volant, l’usager ne perçoit pas cette action invisible pourtant salutaire qui peut lui faire gagner de précieuses minutes.

Cohérence et sécurité

La gestion des feux vise à sécuriser tous les usagers de la route, piétons compris. ©CD78

La gestion des feux vise à sécuriser tous les usagers de la route, piétons compris. ©CD78

La gestion quotidienne des feux vise également à garantir une cohérence ressentie par les conducteurs. Un feu qui passe au rouge systématiquement sans raison apparente peut générer incompréhension, frustration, voire comportements dangereux. « Si un feu passe au rouge alors qu’aucun véhicule ne circule sur les voies adjacentes, cela peut inciter à un non-respect du code de la route par certains automobilistes et de l’exaspération pour tous », constatent les équipes de SYV. Pour éviter ces situations, la régulation repose à la fois sur la technologie (capteurs, boucles, programmation adaptée) et sur les retours humains du terrain, essentiels pour ajuster au besoin.

Trouver l’équilibre entre micro-régulation et macro-coordination

Chaque carrefour est d’abord régulé localement (micro-régulation) mais dans les zones urbaines denses ou sur les grands axes, cette approche ne suffit pas. Une coordination globale (macro-coordination) est indispensable pour éviter les dysfonctionnements. Le maître mot est donc optimisation. « L’idée n’est pas de permettre aux automobilistes de rouler plus vite, avec le risque de devoir s’arrêter, mais de circuler régulièrement à une vitesse apaisée permettant de maîtriser les temps de parcours », pointe Seine Yvelines Voirie.

Un bel exemple de coopération avec les Hauts-de-Seine

En 2016, les Conseils départementaux des Yvelines et des Hauts-de-Seine ont créé un établissement public de coopération interdépartemental afin de mutualiser leurs actions comme la gestion de la voirie. ©CD78

En 2016, les Conseils départementaux des Yvelines et des Hauts-de-Seine ont créé un établissement public de coopération interdépartemental afin de mutualiser leurs actions comme la gestion de la voirie. ©CD78

Pour remplir sa mission, Seine Yvelines Voirie s’appuie sur un partenariat étroit avec le Département des Hauts-de-Seine et profite de son SITER (Système Intelligent de Transport et d’Exploitation de la Route), dont le poste de commande est basé à Nanterre. SITER permet :

  • la collecte en temps réel des données issues des routes et des carrefours (capteurs, caméras…)
  • l’adaptation des conditions de programmation depuis un poste de gestion centralisée
  • l’échange de données avec d’autres acteurs (communes, RATP, opérateurs de mobilité)

Sur certains axes très fréquentés, où circulent jusqu’à 30 000 véhicules par jour, cet outil a permis de réduire les temps de parcours de 15 à 20 %.

Des bénéfices concrets

Cette gestion fine et coordonnée des feux tricolores contribue directement à faciliter les déplacements sur le territoire, à améliorer la sécurité routière, à réduire les nuisances sonores et la pollution atmosphérique. En fin de compte, tout cela contribue à améliorer la qualité de vie.

Avec un investissement annuel de plusieurs centaines de milliers d’euros dans ce domaine, le Département des Yvelines s’engage dans une gestion moderne et responsable de la circulation, adaptée aux réalités contrastées des zones urbaines à fort trafic et des zones rurales moins denses. Une action souvent invisible, mais essentielle, pour que chacun puisse circuler plus sereinement au quotidien.