Assemblée départementale : qu’ont voté les élus le 20 février 2026 ?

SandrineGAYET

Vendredi 20 février 2026, les conseillers départementaux se sont réunis pour une nouvelle assemblée départementale à Versailles. À l’ordre du jour : budget, solidarité territoriale, protection de l’enfance, patrimoine naturel, promotion du territoire et dialogues citoyens.

Assemblée départementale du 20 février 2026 à Versailles ©CD78

Moyens financiers

Débat d’orientation budgétaire : « Chaque euro doit être dépensé avec efficacité et sobriété »

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Dans un contexte national marqué par de fortes tensions budgétaires et un désengagement accru de l’État, le Département présente pour 2026 des orientations fondées sur la rigueur financière, sur le maintien d’un haut niveau d’investissement et sur un soutien affirmé aux communes, pour préserver la solidarité et l’attractivité du territoire.

Le Débat d’Orientation Budgétaire (DOB) est une étape clé pour la préparation du budget d’une collectivité. Organisé avant le vote du budget primitif, il permet de présenter les grandes priorités pour l’année à venir et de partager une vision précise de la situation financière.

Un budget sous tension

La loi de finances 2026 fait peser une part importante de l’effort de redressement des comptes publics sur les collectivités locales, qui ne représentent pourtant que 8 % de la dette nationale. Les Départements doivent assumer des dépenses sociales imposées par l’État, avec des ressources peu pilotables, tandis que près de 90 % des dépenses de fonctionnement sont incompressibles.

Pour cette raison, le Département poursuit un pilotage rigoureux fondé sur la priorisation des projets et la maîtrise des dépenses. Une stratégie qui permet de préserver les politiques de solidarité, les publics prioritaires et les investissements futurs.

Dépenses de personnel par habitant les plus faibles de France : 147 € par habitant contre 205 € en moyenne nationale en 2024.

Désengagement de l’État et conséquences

Le Département assume plus de 173 M€ de reste à charge sur les allocations individuelles de solidarité et 22 M€ pour la prise en charge des mineurs non accompagnés (MNA). La dotation globale de fonctionnement, elle, atteint un niveau historiquement bas : 13 € par habitant, soit le plus faible en France.

La reconduction du Dilico en 2026 (dispositif de lissage conjoncturel des recettes fiscales ou autrement dit prélèvement sur les recettes des Départements destiné à contribuer au redressement des finances publiques nationales), représente un impact estimé à 15 M€ pour les Yvelines, soit près de 10 % de l’effort demandé aux Départements au niveau national, pour seulement 2 % de la population. À cela s’ajoute une contribution à la péréquation (solidarité financière entre collectivités pour réduire les inégalités territoriales) de 52 M€ en 2026.

La contribution, elle, s’élève à 10,4 € par habitant, contre 2,1 € en moyenne nationale.

De meilleures recettes avec des marges limitées

La hausse des droits de mutation en 2025 (+70 M€) reste conjoncturelle : 37 M€ ont été absorbés par la progression des dépenses sociales et près de 19 M€ par le Dilico de 2025. Les dépenses de fonctionnement atteindront 1 305 M€ en 2026, en hausse de 4 %, sous l’effet du Dilico, des dépenses sociales (+22 M€), de l’augmentation des contributions à la CNRACL, Caisse Nationale de Retraites des Agents des Collectivités (+4 M€) et des mécanismes de péréquation. Les incertitudes économiques ainsi que l’instabilité politique nationale continuent de fragiliser la trajectoire financière.

Investir pour le territoire

Malgré ces contraintes, le Département maintient un haut niveau d’investissement avec 489 M€ programmés en 2026, dont 390 M€ pour des projets structurants. Cela se traduit par exemple par la construction et la rénovation de collèges sobres en énergie à Sartrouville, Épône, Verneuil-sur-Seine, Coignières, Vélizy, Magny-les-Hameaux et Poissy, le soutien à l’enseignement supérieur et aux infrastructures de mobilité comme le Tram 13 et le RER E (Eole) ou encore le développement et l’entretien du réseau routier. Les Yvelines confirment ainsi leur place parmi les cinq Départements les plus investisseurs de France.

489 M€ d’investissement programmés en 2026, dont 390 M€ pour des projets structurants

 Un endettement lié à nos besoins

Le recours à l’emprunt résulte du maintien de l’investissement dans un contexte de recettes contraintes et de charges transférées croissantes. Plus d’un tiers de la dette départementale, soit environ 305 M€, est lié aux décisions nationales et aux reports de charges, sans compter près de 750 M€ d’investissements réalisés pour le compte de l’État.

Dans ce contexte, le Département affirme que chaque euro doit être dépensé avec efficacité et sobriété. Toute recette ou économie supplémentaire sera répartie à parts égales entre le désendettement et le soutien aux communes, afin de garantir une soutenabilité financière et accompagnement du territoire.

Solidarité territoriale

Aménagement d’une maison médicale départementale à Chanteloup‑lesVignes

Inauguration de la maison médicale d’Aubergenville. © CD78

La future maison médicale départementale de Chanteloup-les-Vignes ouvrira ses portes après la réhabilitation complète de locaux départementaux dégradés en 2023. Ce nouvel équipement renforcera l’offre de soins de proximité sur le territoire.

La santé est une priorité pour le Département. Lauréate de l’Appel à projets « Maisons médicales 2017-2019 », doté d’un budget de 32 M€, la maison médicale départementale de Chanteloup-les-Vignes s’implantera dans des locaux détenus par le Département. Ces derniers feront l’objet d’une réhabilitation complète à la suite de leur dégradation lors des émeutes de juin 2023.

Protection de l’enfance

Création de cinq villages pour l’accueil des Mineurs Non Accompagnés

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Le Département débute un projet inédit en France avec la création de cinq villages dédiés à l’accueil des Mineurs Non Accompagnés (MNA). Pensés comme de véritables lieux de vie et d’insertion, ils permettront d’accompagner durablement ces jeunes vers l’autonomie. Cinq villages destinés aux Mineurs Non Accompagnés (MNA) âgés de 14 à 21 ans relevant de l’Aide Sociale à l’Enfance seront construits par le Département. Ce dispositif innovant repose sur un accueil en unités de vie à taille humaine, complété par un accompagnement global : scolarité, insertion professionnelle et sociale, accès aux soins, activités sportives et culturelles.

Des villages prévus jusqu’en 2028

Le premier village, Chénier, situé à Mantes-la-Jolie, ouvrira en mai 2026. Il bénéficiera d’un soutien de l’État à hauteur de 730 000 € pour l’investissement initial. Pour son fonctionnement sur la période courant jusqu’à 2027, le Département sollicite une subvention du Fonds Social Européen Plus (FSE+) de 724 747 € (soit 40% du coût total), pour un total de dépenses éligibles de 1 811 866 €, principalement consacrées aux équipes pluridisciplinaires chargées de l’accompagnement des jeunes.

Un deuxième village sera construit à Chapet en 2027, grâce à un accord-cadre de conception-réalisation intégrant des procédés de préfabrication pour optimiser les délais et les coûts. Les études de ce village d’une centaine de places se poursuivent et le dépôt du permis sera effectif au cours du 1er semestre 2026. Il fera l’objet d’une participation financière de l’Etat de 1 M€ d’aide à l’investissement initial.

Trois autres villages verront le jour en 2028 et seront implantés sur trois autres communes des Yvelines pour permettre d’augmenter la capacité d’accueil sur la base de programme similaire à celui de Chapet. Ces autres projets feront l’objet d’une participation financière de l’Etat de 2 M€ d’aide à l’investissement initial (aujourd’hui répartie en 1 M€ pour chacun des deux premiers villages sur ces trois). La préfabrication permettra de garantir le caractère démontable et réutilisable pour les sites sur lesquels un permis précaire de 10 ans aura été sollicité.

Avec un programme global de 34 M€, ce plan de déploiement permettra d’augmenter significativement les capacités d’accueil dans les Yvelines et de proposer un cadre structurant et sécurisant pour accompagner ces jeunes vers l’autonomie et l’insertion, professionnelle comme citoyenne.

Patrimoine naturel

Espaces Naturels Sensibles : le Département renouvelle son partenariat avec le dispositif Ecogarde

Espaces naturels sensibles à Rochefort. © CD78

Depuis de nombreuses années, le Département mène une politique active d’acquisition, de gestion et d’ouverture au public de ses Espaces Naturels Sensibles (ENS). Près de 2 900 hectares ont ainsi été acquis. Répartis sur 70 sites, ils relèvent d’usages variés : promenade, activités sportives et de loisirs, gestion sylvicole et écologique, chasse ou encore animations pédagogiques.

Face à une fréquentation en hausse, notamment les week-ends, la prévention des incivilités (dépôts sauvages, dégradations, incendies, circulation motorisée illégale…) devient un enjeu majeur. Ces comportements engendrent des coûts importants pour la collectivité et seule une présence humaine régulière sur les sites permet de limiter ces nuisances.

Depuis 2016, l’association « Dispositif Éco-garde » intervient principalement les week-ends, en complément des agents départementaux. Elle assure des missions de surveillance, d’information des usagers, de sensibilisation aux enjeux environnementaux et de remontée des signalements utiles à la gestion quotidienne des sites.

La nouvelle convention-cadre 2026-2029, renouvelable deux fois, structure ce partenariat dans la durée. Elle sera complétée chaque année par une convention opérationnelle et financière. À compter de 2026, le périmètre d’intervention est élargi à 21 ENS, représentant 2 160 hectares. Une subvention de fonctionnement de 13 000 €, identique à celle de 2025, est attribuée à l’association.

 Promotion du territoire

Une base de trail au cœur des ENS pour concilier sport et préservation de la biodiversité

Créé en 2008, l’EcoTrail Paris valorise le patrimoine naturel des Yvelines.© CD78

Face à l’essor des sports de nature, le Département crée une base de trail au sein de quatre Espaces Naturels Sensibles afin d’encadrer les pratiques, préserver la biodiversité et valoriser le territoire.

Propriétaire de 2 850 hectares d’Espaces Naturels Sensibles (ENS), le Département mène depuis de nombreuses années une politique active de préservation et de valorisation de ces espaces. Il développe également des aménagements pédestres, équestres et cyclables pour encourager une pratique sportive respectueuse de l’environnement et limiter les conflits d’usages.

5 parcours sur 4 communes

La base de trail comprendra cinq parcours de 7 à 37 km, accessibles en joëlette pour les personnes en situation de handicap et traversera les forêts départementales de Méridon, La Madeleine, Champfailly et Beauplan, sur les communes de Saint-Rémy-lès-Chevreuse, Chevreuse, Choisel et Milon-la-Chapelle, qui ont été associées à la conception des parcours. Un point central de départ et d’arrivée, fonctionnant sur le modèle d’une station de ski, permettra de réunir tous les parcours.

Au-delà de la promotion du sport, cette initiative contribue à la préservation de la biodiversité en limitant les pratiques néfastes et en sensibilisant les utilisateurs aux précautions à prendre en milieu naturel. Elle favorise également le développement territorial, en valorisant le patrimoine historique et artisanal local et en encourageant la consommation auprès des producteurs de proximité. Le projet s’inscrit en cohérence avec le Plan Départemental des Itinéraires de Promenade et de Randonnée (PDIPR), garantissant la protection des chemins ruraux et la continuité des itinéraires.

Avec cette initiative, le Département devient le seul département francilien à mettre en place un dispositif structuré de trail en lien direct avec la préservation de ses Espaces Naturels Sensibles et la valorisation de son territoire.

 La parole aux Yvelinois

Dialogue citoyen et relation aux usagers : le Département adhère à l’association « Décider ensemble »

Engagé dans une démarche continue d’amélioration de la relation avec ses usagers, le Département acte la mise en place d’un dialogue citoyen de proximité, notamment en s’appuyant sur l’association « Décider Ensemble ».

Depuis 2018, le Département fait du développement de la relation avec ses usagers un axe fort de son action. La refonte complète de ses accueils physiques et la création d’un centre d’appel départemental à Mantes-la-Jolie, qui traite annuellement près de 300 000 appels d’usagers des Solidarités et de l’Autonomie (Allô PMI, Allô Autonomie, Allô Solidarité), permettent au Département d’être reconnu comme pionnier d’une démarche qualité qui place l’usager au centre des services publics.

Le Département souhaite capitaliser sur la qualité de cette relation avec les usagers et l’élargir à l’ensemble des habitants du territoire. C’est pourquoi, dans la lignée des visites cantonales organisées régulièrement ces dernières années sous le nom « Le Département & Vous », un dialogue citoyen de proximité a été mis en place, dans le but de présenter et d’expliquer aux Yvelinois les différents projets d’aménagement portés par le Département. La première réunion s’est tenue mercredi 18 février à Poissy, au collège Jean Jaurès.

Pour perfectionner les outils consultatifs du Département et pouvoir bénéficier des expérimentations citoyennes réalisées en France, l’institution adhère à l’association Loi 1901 « Décider Ensemble », pionnière et experte de la consultation citoyenne depuis 20 ans. Cette adhésion annuelle est fixée à 5 000 euros. Marc Tourelle a été choisi pour représenter le Département au sein de l’Assemblée générale de l’association « Décider ensemble ».

 Ouverture d’une plateforme numérique départementale

Elle est mise à la disposition des Yvelinois depuis le 18 février pour à la fois recueillir les avis et propositions des habitants et permettre de prendre connaissance des principaux projets canton par canton, à mesure que les Rendez‑vous du Dialogue citoyen se dérouleront.

Pour accéder à la plateforme, c’est ici